Quelques réflexions sur l’avis du Conseil Constitutionnel sur le passe sanitaire

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui préface notre Constitution déclare, dans son article 2 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression » ; c’est moi qui souligne les deux mots, ‘liberté’ et ‘sûreté’.

Mais il faut tout d’abord bien distinguer la sûreté et la sécurité.

La sécurité est un terme qui, ces dernières années, est surutilisé et ainsi largement galvaudé. Il en est même devenu, en son nom et pour son nom, prétexte, quand ce n’est synonyme, de droits réduits, de procédures judiciaires assouplies, de décisions administratives limitant les libertés, de surveillances et de contrôles sans cesse croissants, de dispositifs de plus en plus répressifs.

La sûreté, telle qu’elle était entendue par les rédacteurs de 1789, est la garantie qu’apporte l’Etat que nous puissions exercer de façon pleine et entière nos droits et nos libertés individuelles et collectives, que nous puissions exercer notre liberté telle qu’elle est inscrite dans notre devise nationale et sur le frontispice de nos bâtiments publics.

Depuis sa rédaction, des réductions et limitations ont toutefois été apportées à la liberté, par arbitrage souvent avec une autre valeur constitutionnelle.

Sachant que toute nouvelle limitation et toute nouvelle restriction à notre liberté et à nos droits et libertés s’appuient sur des limitations et des restrictions antérieures. Et qu’elles sont généralement acceptées, comme par un effet de mithridatisation, d’accoutumance.

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Dans son arrêté du 5 août qui valide l’extension du passe sanitaire, le Conseil Constitutionnel reconnait que certains éléments du texte de loi « portent atteinte à la liberté d’aller et venir » et « au droit d’expression collective des idées et des opinions ». Dit autrement : certains éléments de la loi portent atteinte à nos libertés individuelles et collectives, à notre liberté. Ou encore qu’ils constituent une mesure discriminatoire dans la mesure où ils créent deux catégories de citoyens avec comme discriminant l’état de santé ; ce qui est constitutionnellement prohibé.

Mais le Conseil Constitutionnel les valide car « en adoptant les dispositions contestées, le législateur a entendu permettre aux pouvoirs publics de prendre des mesures visant à limiter la propagation de l’épidémie de Covid-19 ». Il les justifie au nom d’une « conciliation équilibrée » entre les exigences de protection de la santé et les libertés individuelles.

La poursuite de « l’objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé » des citoyens est donc mise en avant pour justifier une limitation des droits et des libertés.

Le Conseil Constitutionnel met en avant ce même objectif face à cette autre garantie constitutionnelle qu’est « la sécurité matérielle ». Tout chef d’entreprise doit suspendre le contrat de travail – et donc la rémunération – puis licencier tout salarié ne présentant pas un passe sanitaire ; le privant ainsi de toute ressource, de tout moyen de subsistance pour lui, voire pour toute sa famille ! Et chantage dans le chantage, tout salarié licencié pour ce motif n’aura pas droit aux indemnités chômage. Le privant donc pour longtemps, vue la situation de l’emploi en France, de tout moyen de subsistance pour lui, voire pour toute sa famille !

Tout comme il avait mis en avant la protection des citoyens face à la menace terroriste, leur sécurité, dans ses avis rendus sur la transposition dans la loi ordinaire des dispositions de l’Etat d’urgence ou sur les lois Renseignement.

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Mais quelle sera la position du Conseil Constitutionnel si le gouvernement demande que l’usage du passe sanitaire soit poursuivi au-delà du 15 novembre, prouvant alors en creux son peu d’efficacité au regard au regard de ses objectifs annoncés de freinage de la propagation de l’épidémie et de limitation de la surcharge dans les hôpitaux ?

Mais quelle sera la position du Conseil Constitutionnel si l’intérêt général tel que l’Etat le définit n’est plus sanitaire ou sécuritaire /anti-terroriste ? Si cet ‘intérêt général’ est politique ou économique ? Si l’Etat / le législateur souhaite utiliser les mêmes leviers pour combattre une attaque terroriste ou une crise économique ou une opposition politique ?

Les États-Unis ‘mettent le paquet’ dans leurs plans de relance et souhaitent un taux minimum d’imposition des entreprises au niveau mondial

Et pendant ce temps, l’Europe chipote et programme même le retour de l’austérité.

Aux USA, pour relancer la machine à très court terme, pour renforcer l’économie à court et moyen terme, pour aider ceux qui ont le plus souffert de la pandémie du Sars-CoV-2, des moyens colossaux sont mis en œuvre.

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Ainsi, après le Plan Trump de relance de l’économie de près de 1000 milliards de dollars en fin d’année 2020, il y a eu le mois dernier le Plan Biden de relance de l’économie de 1900 milliards de dollars. Soit environ le montant du PIB en 2020 de l’Italie.

Mais ce plan de relance est, pour nombre d’observateurs, autant une réponse à l’urgence de la pandémie qu’un plan ambitieux et massif de lutte contre la pauvreté qui prolifère aux USA depuis des années et que la crise du Covid19 a notablement amplifiée. Ce plan a été voté par les seuls Démocrates. Les Républicains qui aspiraient, dans le cadre d’un consensus bipartisan, à notablement amoindrir certaines des dispositions qui ont été in fine adoptées, s’y sont opposés. Il faut par ailleurs noter que le consensus Démocrates-Républicains est depuis des années fondé sur le fait que, pour lutter contre la pauvreté, il était inefficace de donner directement de l’argent aux plus pauvres et qu’il valait mieux leur accorder des crédits d’impôts.

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Et voici, il y a quelques jours, la présentation d’un Plan d’investissement dans les infrastructures publiques à 2300 milliards de dollars sur 8 ans.

Plan indispensable toutefois pour compenser les manques d’investissements réalisés depuis des décennies. Les dépenses en la matière sont en effet nettement orientées à la baisse depuis les années 1980 ; et l’élection de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis.

Il est surprenant en effet de constater que les Etats-Unis affichent une situation très dégradée dans ce domaine. Dans son rapport 2021, l’American Society of Civil Engineers (ASCE), qui établit régulièrement un état des lieux en la matière, donne à l’ensemble du système américain la note de ‘C-‘ – sur une échelle allant de ‘A’ (très bonne qualité) à ‘F’ (inutilisable). Et sur les 17 secteurs analysés par les ingénieurs américains, 11 ont une note de ‘D+’, ‘D’ ou ‘D-‘. Un mauvais élève !

L’objectif affiché est de remettre le pays à niveau et de dynamiser son potentiel de croissance sur le long terme.

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Et déjà s’annonce un autre plan à 1000 milliards aux objectifs clairement sociaux. Seront ainsi notamment ciblées la santé et l’éducation.

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Et en Europe ?

Le plan de 750 milliards d’euros (900 milliards de dollars environ), accouché dans la douleur l’été dernier, n’est toujours pas mis en place. Une avancée remarquable de ce plan est qu’il repose sur un mécanisme sans précédent de dette commune à tous les Etats membres. Mais seule une partie de l’argent sera versée sous forme de subventions ; près de 50% de ce plan est constitué de prêts aux pays qui en auront besoin !

On est bien loin, pour ne pas dire à des années-lumière, du volontarisme étatsunien. Comme en 2008, l’Europe dépense moins et moins rapidement que les Etats-Unis. Selon les analystes, la relance aux USA (et aussi en Chine selon des mécanismes différents) porte sur des montants cinq à dix fois plus élevés et est bien plus concentrée dans le temps

L’Europe sortira ainsi bien plus lentement et bien moins vigoureusement de la crise actuelle que les 2 super-puissances mondiales ; comme cela a déjà été le cas en 2008 / 2010.

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Pour financer ces milliers de milliards de dollars de dépenses et d’aides, les USA ne se préoccupent plus du tout du niveau de leur endettement ou de leurs déficits. Il faut relancer l’économie alors ‘faisons-le’ !

En France, mais aussi au niveau de la Commission européenne, nos gouvernants annoncent d’ores et déjà le nécessaire retour au respect du sacro-saint ratio ‘déficit sur PIB inférieur à 3%’ et de son jumeau ‘dettes publiques sur PIB inférieur à…’ – selon les traités à 60% mais un consensus semble se dessiner pour 100%. Et donc annoncent sans vraiment oser le dire la mise en œuvre prochaine (dès 2022 a priori) de mesures de rigueur budgétaire et de politiques d’austérité ; ce qui signifie de nouvelles contractions des dépenses publiques – et donc de nouvelles dégradations des services publiques et encore plus de privatisations ; ce qui implique aussi des ‘efforts supplémentaires’ demandés aux classes moyennes et laborieuses – et donc une nouvelle progression des inégalités et un accroissement de la pauvreté.

Et ce qui, surtout, cassera la reprise qui semble s’amorcer.

Il suffit de regarder les conclusions de la commission Arthuis sur la « dette Covid » mise en place fin 2020 par le Gouvernement Macron / Macron / Castex. Son rapport final était très prévisible au vu de sa composition. Il n’utilise certes jamais le terme ‘austérité’ mais préconise une limitation des dépenses publiques dans l’optique de rembourser la dette. Nous savons tous ce que cela veut dire ! Mais nous pouvons être sûr que ce rapport sera mis en avant par les zélotes du néolibéralisme pour « vendre » toutes ces mesures.

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Pour financer en partie ces dépenses, les Etats-Unis veulent entre autres, augmenter les taxes sur les plus riches ainsi que l’impôt sur les sociétés.

Espérons qu’Emmanuel Macron entendra cela et reviendra sur les innombrables cadeaux faits aux plus riches sous le fumeux prétexte que les sommes non prélevées par l’Etat au titre des impôts « ruissellent » ensuite dans l’économie. Cela semble toutefois mal parti ; Bruno Le Maire a émis l’idée de remonter fortement les seuils – déjà bien hauts – à partir desquels les donations sont imposées. Un nouveau cadeau aux plus riches !

Le taux des impôts sur les bénéfices va passer outre-Atlantique de 21 % à 28 %. A côté d’autres mesures pour lutter contre l’optimisation fiscale, une taxation a minima de 15 % a été instituée. En outre, la nouvelle administration démocrate cible par diverses mesures, dans une optique de lutte contre le réchauffement climatique, les industries fossiles.

En France, on fait l’inverse : le taux d’imposition des bénéfices va passer de 26,5 % en 2021 à 25 % en 2022. Et toujours rien n’est fait pour combler les très larges écarts des taux d’imposition effectifs existant entre les TPE et PME et les grandes entreprises d’envergure internationale.

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Mais la Secrétaire au Trésor, Janet Yellen, veut aller plus loin.

La Ministre de l’Economie et des Finances de Joe Biden souhaite que soit instauré un taux minimum mondial d’imposition des bénéfices des entreprises, quels que soient les pays dans lesquels elles sont établies.

Un projet d’accord a été déposé au niveau du G20 et est à l’ordre du jour de la réunion qui commence ce 7 avril. Tous les secteurs d’activité sont concernés ; et notamment les multinationales du numérique dont les impôts qu’elles règlent sont souvent sans réel rapport avec le montant de leurs bénéfices.

Janet Yellen appelle ainsi de ses vœux la fin de la course au moins-disant des impositions des entreprises que se livrent les différents pays au titre de la compétitivité fiscal.

Cela constitue une réelle rupture avec la pensée économique néolibérale / ultralibérale dont le postulat de départ est que la concurrence fiscale et, plus généralement, la réduction des impôts et taxes sont positives car elles obligent les états à réduire leurs dépenses ; avec toutes les conséquences que nous connaissons aujourd’hui ! Ceci étant fondé sur la croyance quasi-mystique que les marchés sont efficients et efficaces et que, s’ils sont ‘libres d’agir’, tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Et cette évolution du crédo néolibéral est d’autant plus importante que les USA proposent aujourd’hui un taux minimum de 21% qui est bien supérieur au taux de 12.5% sur lequel des discussions étaient menées sans réelle conviction à l’OCDE depuis des mois. Il se rapproche aussi des 25% que prônent nombre d’économistes depuis des années.

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J’imagine les sueurs froides qui assaillent les dirigeants des paradis fiscaux.

Et j’ai une ‘pensée émue particulière’ pour les paradis fiscaux situés dans la Zone Euro : l’Irlande, les Pays-Bas, le Luxembourg, Chypre, Malte…

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Manifeste pour une autre stratégie sanitaire face à l’épidémie de la Covid 19

Un manifeste initié par 250 médecins et professionnels de santé en association avec une vingtaine d’associations et de collectifs, vient d’être publié. Il appelle à une autre stratégie face au SARS-CoV-2 et à la Covid19.

La politique sanitaire proposée est bien différente de celle retenue par le Gouvernement qui, faut-il le rappeler, est basé prioritairement sur les confinements, couvre-feux et autres mesures restrictives voire privatives de liberté(s) pris dans le cadre d’un dit ‘état d’urgence sanitaire’ ainsi que sur la vaccination qui est obligatoire mais pas obligatoire – et inversement – et au sujet de laquelle les interrogations légitimes sont nombreuses.

Cette « quatrième voie » replace le médecin traitant, « de première ligne », au centre du dispositif de prévention et de soins, place dont il a été exclu. Car il faut bien le dire : aujourd’hui, on empêche les médecins de traiter leurs patients.

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En ce moment, Emmanuel Macron et son Conseil de défense ont comme projet de prolonger l’état d’urgence sanitaire strict qui se termine le 16 février prochain, jusqu’en juin 2021 et de prévoir ensuite un régime transitoire jusqu’à fin décembre 2021. Le Président de la République souhaite ainsi continuer à diriger le pays et à contrôler la vie des françaises et des français, à pouvoir recourir à des mesures importantes en matière de restriction des libertés publiques et individuelles, seul, de façon autoritaire, en dehors de tout cadre démocratique, dans une totale indifférence de l’avis de tous les élus, en justifiant ses dictats et ses ordres par la peur que nos gouvernants et une certaine presse cherchent continûment à instiller en chacune et chacun d’entre nous.

Il faut que cela cesse ! Il faut que nous reprenions le contrôle de notre vie et de notre démocratie ! Il faut que nous reprenions notre santé en main !

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Ce Manifeste me semble un premier pas en ce sens. Il est donc à lire attentivement, à s’approprier… et à signer

Voici ici le lien pour ce faire.

En lien aussi () la conférence de presse annonçant, entre autres (dont la création d’un comité scientifique indépendant sans conflits d’intérêt), le lancement de ce manifeste. A voir !

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Et ci-dessous, le texte de ce Manifeste « La quatrième voie »

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Lors de son allocution du 28 octobre, le Président de la République a expliqué que face à cette épidémie il y avait trois voies possibles :

** Ne confiner personne pour compter sur l’immunité collective, ce qui nous obligerait à accepter une mortalité plus importante.

** Confiner uniquement les plus fragiles puisque la Covid-19 tue surtout les personnes âgées (l’âge moyen de décès est de 84 ans).

** Confiner tout le monde, solution retenue par le gouvernement. Ce fut aussi la solution choisie lors de la grande peste au 18e siècle. Notre médecine n’a-t-elle fait aucun progrès depuis 3 siècles ?

Nous, médecins, avons été choqués de constater qu’à aucun moment, notre Président n’ait parlé de soins précoces par le médecin traitant. Et s’il existait un autre chemin ? Une autre solution aurait dû être mise sur la table ! Car en tant que soignants nous l’affirmons, il existe une QUATRIÈME VOIE !

Comme pour toutes les maladies infectieuses, il existe des solutions thérapeutiques qui pourraient tout changer sur le plan sanitaire, économique et social.

Face à cette Covid-19, nous devons tous devenir proactifs plutôt que de rester cloitrés chez nous avec la peur au ventre en espérant que le virus nous épargne !

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Quelle est cette QUATRIÈME VOIE ?

La prévention avant tout !

Face à tout virus, il est essentiel d’augmenter ses défenses immunitaires. Pour cela, beaucoup de choses ont prouvé leur efficacité :

** Une meilleure hygiène de vie.

** Une activité physique régulière, si difficile en cas de confinement et pourtant essentielle.

** L’espoir, la pensée positive, la méditation plutôt que la peur qui fait chuter notre système immunitaire.

** Une supplémentation nutritionnelle. La vitamine D, la vitamine C, le zinc, les probiotiques et bien d’autres ont montré qu’ils amélioraient les défenses immunitaires et réduisaient le risque des maladies infectieuses, y compris liées au coronavirus.

D’autres approches complémentaires peuvent être envisagées par votre médecin en fonction de sa pratique, mais une chose est sûre : nous devons renforcer nos défenses plutôt que fuir devant l’ennemi. C’est la première chose à faire si on veut gagner la « guerre ».

La détection ciblée

Nous demandons que les tests de dépistage soient prescrits par des médecins et qu’ils ne soient plus réalisés à tout le monde et à n’importe qui. La situation actuelle entraine en effet plusieurs écueils :

** Beaucoup de résultats sont des faux positifs à cause de la méthode retenue, en particulier en France. C’est-à-dire que les personnes testées sont faussement positives alors qu’elles ne sont ni malades ni contagieuses.

** Ces tests réalisés sans l’accompagnement d’un médecin sont inefficaces sur le plan épidémiologique et hyper stressants sur le plan psychologique, contribuant à la baisse de l’immunité.

** Ce choix de tests gratuits sans ordonnance coute une fortune d’environ 500 millions d’euros par mois aux frais du contribuable. Une partie de cet argent pourrait surement être mieux utilisée comme, par exemple, pour ouvrir de nouveaux lits de réanimation et embaucher du personnel soignant. Nous exigeons que cet argent qui provient de nos impôts soit mieux employé.

Un diagnostic médical repose autant sur la clinique que sur la biologie. C’est pourquoi les tests doivent être prescrits et interprétés par un médecin qui connait « son » patient.

Un traitement précoce

Face à n’importe quelle maladie, n’est-il pas de notre devoir de soigner les patients ? Et s’il n’existe pas de traitement qui fasse l’unanimité dans le monde médical, est-ce une raison pour ne rien faire ?

Depuis 1 an que ce virus est apparu, nous avons beaucoup appris sur lui et sur les complications. Nous savons qu’il évolue en deux phases, d’abord une phase infectieuse virale comme dans une grippe puis une phase inflammatoire où le virus n’est plus en cause directement.

C’est cette phase inflammatoire qui impose l’hospitalisation en réanimation. Une majorité de personnes fait preuve, heureusement, d’une immunité suffisante pour ne jamais en arriver là. Mais des personnes fragiles n’ont pas cette chance.

Malgré tous les combats d’égos télévisuels, nous sommes des milliers de médecins à avoir traité les patients qui en avaient besoin dans la première phase de la maladie pour leur éviter ces complications. Et nous le constatons tous les jours au quotidien : CELA FONCTIONNE.

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Les scientifiques qui réfutent cela ne le font que sur la base d’études qui sont à ce jour insuffisantes. Insuffisantes pour prouver définitivement que les traitements marchent, mais également insuffisantes pour prouver que cela ne marche pas. Et souvent ils n’ont aucune expérience personnelle de ces traitements qu’ils rejettent d’un revers de main. Sinon ils ne seraient pas aussi péremptoires. Il existe pourtant plus d’une centaine d’études dans le monde qui montre l’efficacité du traitement précoce en diminuant les hospitalisations, les séquelles respiratoires, la mortalité.

Dans ces conditions, beaucoup de médecins dans le monde entier et en particulier en France ont décidé de soigner leurs patients malgré l’absence de consensus et la pression négative des institutions. Car c’est notre métier et nous n’accepterons jamais qu’on nous empêche de l’exercer. Nous sommes des gens responsables et il serait temps de nous faire confiance. Ce faisant, nous constatons dans nos cabinets que les malades sont soulagés bien plus vite, qu’ils s’aggravent moins et que nous hospitalisons beaucoup moins. Il serait temps qu’on prenne en compte cette expérience du terrain plutôt que se baser uniquement sur des études hospitalières puisque, justement, c’est en ville, AVANT l’arrivée à l’hôpital qu’il faut soigner.

De nombreuses publications nationales et internationales laissent penser que le TRAITEMENT PRÉCOCE pourrait reposer sur une ou plusieurs de ces approches thérapeutiques :

** Le zinc à forte dose (60 mg en moyenne).

** La vitamine C qui, à forte dose (plusieurs grammes par jour), a une action antivirale, augmente nos défenses et aide à être moins fatigué.

** La vitamine D si elle n’a pas été déjà prescrite en prévention (on a montré que les personnes qui font des formes graves ont souvent des taux sanguins de vitamine D très bas).

** L’azithromycine, une molécule antibiotique qui, par sa configuration, a également une action antivirale en même temps qu’elle réduit le risque de surinfections bactériennes. Dans de nombreux cas, elle peut, à elle seule enrayer les symptômes en quelques jours.

** L’hydroxychloroquine (vendue en France sous le nom de Plaquenil®) dont l’efficacité sur le virus est bien démontrée. Mais pour qu’elle soit utile, elle doit être absolument utilisée dans la première phase de la maladie.

Il existe même d’autres pistes complémentaires pour soulager et soigner les malades : d’autres antibiotiques de la classe des macrolides, la doxycycline (un autre antibiotique), l’ivermectine (un antiparasitaire comme l’hydroxychloroquine), l’armoise, une plante antiparasitaire très utilisée en Afrique ou en Asie avec des résultats très encourageants (il n’y a pas de recrudescence de l’épidémie en Asie et en Afrique), mais aussi l’aromathérapie, la phytothérapie ou l’homéopathie qui peuvent lutter contre les infections ou soulager les symptômes. Tous ces traitements doivent être prescrits par un médecin en fonction des spécificités de son patient, de ses symptômes et d’éventuelles précautions d’emploi.

En conclusion, nous demandons que le médecin traitant soit remis au centre du processus de prise en charge des patients et soit la pierre angulaire des démarches sanitaires.

Nous demandons que de vrais protocoles de soins précoces soient mis en place, que ce soit pour la prévention de la population ou le traitement des malades comme n’importe quelle médecine moderne devrait le faire.

C’est certainement la meilleure solution pour pouvoir sortir du confinement plus rapidement. Si nous mettions cela en place sans attendre nous pourrions surement passer des fêtes de fin d’année dans la joie d’être ensemble, avec l’amour de nos proches et la sérénité sur le plan sanitaire. Et cela peut nous donner l’espoir qu’en 2021 cette épidémie se termine enfin.

Depuis 2 mois nous accumulons les décisions liberticides et pourtant le nombre de malades ne cesse d’augmenter. Nous avons, parait-il, dépassé les 40 000 décès, ce qui est 4 fois plus que nos voisins allemands. Il est temps de se rendre compte que la stratégie actuelle décidée par notre ministre de la santé nous amène dans le mur.

Si vous êtes d’accord avec ces propositions, si vous désirez nous suivre sur cet autre chemin, si vous pensez que cette QUATRIÈME VOIE est la plus sensée, rejoignez-nous ! Que vous soyez soignant ou usager de la santé, signez notre manifeste, adhérez à nos collectifs, exigez que des soins réels soient proposés à la population. C’est à cette condition que nous arriverons à soulager nos services de réanimation et que tous les malades seront pris en charge efficacement et sans distinction d’âge ou de région. Nous ne devons plus accepter que l’on conseille de sédater des personnes âgées avec du Rivotril parce que nous n’avons pas assez de lits de réanimation. C’est pour cela qu’il est encore plus indispensable et urgent de traiter tous les malades précocement, de CHOISIR CETTE QUATRIÈME VOIE !

La France dispose d’un tissu médical étendu et diversifié. Nous sommes riches de cette diversité médicale. Les patients ont encore le libre choix de leur médecin et doivent donc obtenir les soins dont ils ont besoin et qui leur paraissent les plus adaptés à leur cas personnel.

Demandez conseil à votre médecin, à votre pharmacien et reprenez votre santé en main !

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Ma conclusion : soutenez le Manifeste « La quatrième voie » : https://manifestes-libertes.org/

Ce qu’il faut ? L’annulation de la dette publique détenue par la BCE et le financement direct par la BCE de ‘grands projets’

Jean Castex, Premier ministre, a installé ce vendredi 4 décembre, la Commission sur l’avenir des finances publiques, chargée notamment de faire des propositions au gouvernement sur le remboursement de la dette issue de la crise du Covid-19, avec comme contrainte de ne pas augmenter les impôts. Cette Commission doit rendre ses travaux en février 2021, avant que le Gouvernement ne transmette son programme de stabilité budgétaire à Bruxelles ; pour autorisation ou censure.

Selon le Gouvernement, donc, on doit rembourser la dette dues aux multiples crises issues de l’épidémie du SARS CoV 2 tout en continuant, bien sûr, de rembourser la dette antérieure !!!

[ Il faut signaler que l’Etat français emprunte aujourd’hui à taux négatif ! Et cela, que ce soit à très court terme (fin octobre 2020, pour des titres à 3 mois, -0.651%) qu’à moyen / long terme (titres à 10 ans au taux de -0.252).

Il faut aussi indiquer que la dette publique va continuer à croître en 2021 en montant, même si elle va baisser, pour des raisons arithmétiques, comparativement au PIB. ]

Depuis que les emprunts de l’Etat français augmentent pour aider les particuliers et les entreprises affectés par les mesures de confinement, très nombreux sont ceux qui disent que cette dette doit être remboursée.

Je ne vais citer que deux des thuriféraires de cette doxa d’essence ultralibérale : Bruno Lemaire, Ministre de l’économie, des Finances et de la Relance et François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France.

Bruno Le Maire, au moment où le projet de budget 2021 fondé sur de nouvelles émissions très importantes de dettes était présenté en Conseil des ministres fin septembre, affirme que : « contrairement à ce que certains veulent faire croire aux Français, une dette, ça se rembourse ! Et nous la rembourserons grâce à la croissance, à la maîtrise des finances publiques et à la poursuite des réformes de structure. »

François Villeroy de Galhau, quant à lui, dit qu’ « il va falloir traiter cette dette et se mettre dans une perspective de désendettement. » Pour cela, « il y a trois ingrédients : le temps […], la croissance […] et il faut qu’on fasse attention aux baisses d’impôts et à nos dépenses. »

On recommence aussi à nous expliquer qu’une dette de 120% du PIB est la limite au-delà de laquelle l’endettement devient insoutenable et pénalise la croissance à venir ; cela sans aucun fondement scientifique. Rappelons qu’il y a quelques années, la limite maximum de l’endettement était de 90%. Et ne parlons pas des 60% inscrits en 1992 dans le Traité de Maastricht.  

La limitation à 3% du ratio Déficit public / PIB – une création française, il faut le rappeler – n’a de même aucun socle scientifique. ‘Suspendu’ au début de la crise, on recommence à en parler, épouvantail facile même si on sait que cette norme n’est depuis des années plus guère respectée.

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Il y a une quinzaine de jours, le Gouvernement a annoncé une révision de ses prévisions de croissance pour 2021. Après -11% en 2020, elle devrait se situer à +6% contre +8% attendus deux mois avant.

Dans le droit fil de ce qui a été mené jusqu’à maintenant, les mesures de relance sont basées essentiellement sur une politique de l’offre avec, pour les entreprises, la réduction des impôts de production et la poursuite de la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés. Elles contiennent aussi des mesures de soutien à l’investissement ; mesures dont l’efficacité n’est pas garantie. Les ménages les plus aisés profitent quant à eux de la suppression de la taxe d’habitation.

Peu de soutien à la demande par contre même si les mesures en faveur de l’emploi du Plan de relance et les aides en faveur des plus défavorisés annoncées par Emmanuel Macron le 24 novembre constituent un soutien direct au pouvoir d’achat. Mais ce soutien devrait être beaucoup plus large ! Cela serait une bonne manière d’aider les entreprises à remplir leurs carnets de commandes – et, malheureusement, favoriserait les importations venant de Chine et d’ailleurs.

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Bruno Le Maire a bien précisé ce qu’il entendait par réformes de structure : « La première d’entre elles, c’est la réforme des retraites. […] Elle est nécessaire pour rétablir l’équilibre des comptes sociaux. » Il pensait sans doute aussi à la réforme de l’assurance chômage ; mais il n’en a pas parlé.

Faut-il rappeler que ces deux réformes ont été sorties de l’agenda social du Gouvernement en juillet dernier ? Ce que Jean Castex a fait sortir par la porte, Bruno Le Maire le fait rentrer par la fenêtre.

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Bruno Le Maire et François Villeroy de Galhau disent la même chose lorsqu’ils parlent l’un de « la maîtrise des finances publiques » et l’autre de faire « attention à nos dépenses. » Ils parlent d’austérité ! Ils disent que, après les indispensables mesures de relance de ces derniers mois, il va falloir mettre en place de nouvelles mesures d’austérité.

Mesures d’austérité qui seront d’autant plus importantes si la croissance attendue n’est pas au rendez-vous comme nous pouvons raisonnablement le craindre. En effet, l’histoire récente le montre à plusieurs reprises ; si la croissance n’est pas aussi forte qu’espérée et si l’endettement public ne décroit pas assez vite, l’austérité devient de plus en plus forte.

Mesures d’austérité qui limiteront la possibilité de faire face aux crises auxquelles nous sommes confrontés depuis des années et que la crise du Covid 19 a amplifié : crises économique, sociale, sociétale, climatique, énergétique, environnementale, sanitaire, de délabrement de tous nos services publics, démocratique, de confiance vis-à-vis des hommes et femmes politiques et de certaines institutions de notre République…

Mesures d’austérité qui limiteront les moyens que nous pouvons mettre en œuvre pour lutter contre le changement climatique / énergétique.

Mesures d’austérité qui nous empêcheront de restaurer, voire de reconstruire, ce qui a été détruit par des années d’une ‘rigueur’ imbécile – je pense en particulier à nos services publics.

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Tout axer sur une baisse progressive de l’endettement fondée sur des politiques d’austérité conduit à une impasse ! Il faut suivre d’autres voies.

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La doxa néolibérale nous le martèle sans cesse : on ne peut pas annuler la dette. Et comme argument, on nous raconte la petite fable, simpliste et pleine – et même saturée – de mauvaise foi : « si vous me prêtez 100 € et que je ne vous rembourse pas, vous ne ferez plus confiance. » Ce qui amène à la conclusion que si les investisseurs ne font plus confiance à la France, ils ne prêteront plus à notre pays. Fin de la discussion !

Mais il ne s’agit aucunement de spolier les investisseurs privés ; il s’agit en l’espèce des dettes publiques que les banques centrales nationales ont acquise pour le compte de la BCE dans le cadre de son programme de rachat et qu’elles détiennent sur leurs livres. La Banque de France détient ainsi 450 milliards d’euros de la dette française. Sur un total qui devrait avoisiner, en fin d’année, 2650 milliards d’euros.

En fait, rien, je dis bien ‘rien’, n’interdirait d’annuler la dette publique détenue par la Banque de France pour la Banque Centrale Européenne – ou de la cantonner ou de la rendre perpétuelle – si la volonté politique de le faire est là. Pas d’obstacles juridiques insurpassables, pas d’obstacles techniques qui ne peuvent être résolus, pas de risques que les investisseurs refusent après de prêter aux pays européens… Rien si ce n’est la volonté politique !

L’annulation de cette dette permettrait de redonner des marges de manœuvre confortables pour faire face aux multiples défis qui sont les nôtres aujourd’hui. Cela doit bien entendu se faire dans un cadre fortement démocratique, en concertation avec tous les acteurs concernés et dans une logique d’investissements pour le futur proche et plus lointain.

En ce qui me concerne, j’en vois beaucoup. Et je ne peux que reprendre ce que j’ai dit ci-dessus : le financement de la transition climatique / énergétique dans une optique de moyen terme, de la restauration et de la reconstruction de nos services publics, des diverses actions nécessaires pour résoudre les multiples crises auxquelles nous faisons face aujourd’hui…

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Il faudrait aussi aller beaucoup plus loin et envisager des financements directs par la BCE. Pourquoi la BCE ne financerait-elle pas directement, sous contrôle démocratique et sans passer par les banques commerciales, des investissements européens décidés collectivement en réponse aux urgences qui sont les nôtres aujourd’hui ? Cela constituerait cependant une remise en cause de la pensée comme quoi les femmes et hommes politiques, subissant le court-termisme de leurs mandats politiques (risque réel, il faut l’admettre), sont incapables de gérer la monnaie. Et donc qu’on doit confier cette fonction à une institution indépendante ; dépouillant ainsi les états de leur souveraineté monétaire.

Pourquoi pas, par exemple, des programmes de recherche pilotés par la puissance publique pour le compte de tous les européens financés par des emprunts à taux 0 auprès de la BCE et avec des clauses de remboursement en fonction des résultats obtenus ?

Pourquoi pas le financement direct de ‘grands projets’ européens ? Par exemple, un réseau de ferroutage partant de Madrid et de Rome et qui, à Strasbourg, part d’un côté vers les pays nordiques et de l’autre, vers l’Allemagne et les pays de l’Est ? Avec des règles type ‘Small Business Act’ permettant à des PME locales de réaliser les travaux et de ne pas récolter que des miettes ou de la sous-traitance comme c’est souvent le cas pour les grands travaux du BTP.

Pourquoi pas ? …

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Au vu des annonces du gouvernement Macron / Castex, on peut craindre que le jour d’après ne soit, au mieux, qu’identique au jour d’avant. Mais il y a malheureusement de fortes raisons de croire qu’il sera pire que le jour d’avant.

Après la crise des subprimes de 2008 /2008, malgré toutes les promesses faites, les choses ont continué exactement comme avant. Enfin, pas exactement ; il y avait beaucoup plus de dettes publiques à rembourser.

On ne peut que craindre qu’il en soit de même cette fois-ci !

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PS : sur les sujets de la dette et de l’austérité, à voir – et lire – mon article du 30 novembre « Le Gouverneur de la Banque de France confirme le retour de l’austérité (suivre ce lien) ainsi que ceux du 19 juillet « l’austérité : le retour ? » (lien ici) et du 24 juillet « les français vont devoir rembourser la dette liée à la crise économique, sociale et sanitaire actuelle en une vingtaine d’années. Et en commençant dès maintenant » (lien là)

Le Gouverneur de la Banque de France confirme le retour de l’austérité.

Dans son allocution du mardi 24 novembre, Emmanuel Macron a annoncé de nouvelles mesures de soutien face à la crise économique. Quoi qu’il en coute !

Des mesures supplémentaires destinées aux entreprises qui ne pourront pas réouvrir maintenant. Et il y en a beaucoup : hôtels, restaurants (dont on estime que 1 sur 2 – voire 2 sur 3 – ne réouvriront pas !), bars, salles de sport, salles de concert, discothèques, parcs d’attraction…

Et des mesures supplémentaires à destination des salariés en chômage partiel, des chômeurs et des personnes les plus fragiles (bénéficiaires du RSA, de l’Allocation de solidarité spécifique ASS et des APL, mais aussi des saisonniers, extras, précaires et jeunes qui ne trouvent plus d’emploi dont beaucoup avaient été oubliés au printemps).

Mais mon propos n’est pas de faire ici un inventaire ou une analyse de ces mesures.

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Donc, de nouvelles mesures de soutien à ceux qui sont le plus touchés par ce deuxième confinement ! Comment cela va-t-il être financé ? Par une nouvelle augmentation de l’endettement de la France comme il faut le faire.

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Ce même matin, le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, est intervenu sur France Culture au micro de Guillaume Erner. Et on peut déduire de ses propos que cette dette, il va falloir la rembourser ; et vite ! : « une fois sortis de la crise et quand on aura retrouvé notre niveau d’activité pré-Covid, en 2022, peut-être un tout petit peu plus tard, il va falloir traiter cette dette et se mettre dans une perspective de désendettement. »

Et il donne sa recette : « Pour ça, il y a trois ingrédients : le temps […], la croissance […] et il faut qu’on fasse attention aux baisses d’impôts et à nos dépenses. »

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Le temps !

Il y a quelques mois, on parlait de cantonnement de la dette issue du Covid et de nombreux économistes et financiers pensaient que son remboursement n’interviendrait que dans très très longtemps. Mais, en juillet dernier, Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, a créé la Caisse d’amortissement de la dette Covid – CADEC – sur le modèle de la Caisse d’amortissement de la dette sociale – CADES. Le remboursement, en capital et en intérêts, de la dette portée par cette dernière structure est assuré grâce principalement la CRDS et une partie de la CSG qui lui sont attribuées. Dette qui, d’ailleurs, a été augmentée cet été par un transfert de créances de l’Etat pour 136 milliards d’euros ; et pour cela, la durée de remboursement – et les impôts dédiés à son remboursement – a été prolongée de 9 ans, de 2024 à 2033.

La dette de la CADEC sera remboursée en capital et en intérêts, selon le même principe. Ses ressources ? Soit un impôt à créer dédié, soit par des sommes prélevées sur le budget général. Ce qui revient à amputer d’autant les sommes affectées à la dépense publique.

Le temps, donc, nous n’en avons pas. C’est dès maintenant que nous remboursons cette dette, capital et intérêts !

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La croissance !

François Villeroy de Galhau n’attend pas un retour de l’activité à son niveau pré-Covid avant 2022 ; mais il n’exclut pas que cela sera plus tard. Le recul du PIB cette année sera partiellement effacé en 2021. Mais nul ne sait dans quelles proportions. Ensuite ? C’est un grand point d’interrogation.

Si l’on regarde la croissance de la France – et de l’Europe – depuis la crise de 2008 / 2009, on ne peut que constater qu’elle est chétive et poussive. Elle est la conséquence directe des choix politiques et budgétaires faits qui ont privilégié la réduction des déficits et de l’endettement public. Cela par des politiques d’austérité qui ont consisté, entre autres, à couper dans les budgets des services publics. Et cela avec toutes les conséquences que nous connaissons aujourd’hui dans notre hôpital, dans l’Education nationale, dans notre police, dans notre justice… Il vaut mieux que j’arrête là cette litanie qui pourrait être très longue !

Cela a aussi conduit à un appauvrissement de 99% des françaises et des français.

Les mesures de relance prises par Bruno Le Maire sont basées principalement sur une politique de l’offre et sont dans la droite ligne des politiques suivies antérieurement. Comment peut-on croire que ce qui n’a pas fonctionné avant, fonctionnerait maintenant ? C’est pourtant ce que nos dirigeants font.

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« Faire attention aux baisses d’impôts »

François Villeroy de Galhau prône la stabilité fiscale. Il faut entendre par là qu’il ne faut aucune hausse et aucune baisse d’impôts.

Ainsi, pas de rétablissement de l’ISF ; pas de remise en cause du Prélèvement Forfaitaire Unique des dividendes – la ‘flat tax’ qui s’est substitué à la taxation selon le barème progressif de l’impôt sur les revenus ; pas de retour aux niveaux antérieurs des prélèvements sur les stock-options ; pas de réintroduction de la tranche de la taxe sur les salaires supérieurs à plus de 150 000 €/an appliquée dans les métiers de la finance ; pas de remise en question de toutes les mesures élargissant les avantages fiscaux fait ces dernières années sur les placements financiers…

Mais aussi pas d’alourdissement de la contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus (revenu fiscal de référence supérieure à 250 000 €) comme cela a été proposé par un sénateur ; ni d’introduction de nouvelles tranches supérieures de l’impôt sur les revenus ; pas de mesures fiscales nouvelles pouvant toucher ceux qui ont le plus profité de la crise de 2008/2009 comme, par exemple, un prélèvement exceptionnel sur les plus hauts patrimoines à la sortie de la ‘guerre’ dont nous a tant parlé Emmanuel Macron et qui a été fait à de plusieurs reprises et dans de nombreux pays comme la France, l’Allemagne, les USA, l’Italie, le Japon ; pas de réflexions non plus sur une meilleure progressivité de la pression fiscale globale pesant sur tous les citoyens.

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« Faire attention à nos dépenses »

Il faut, toujours selon François Villeroy de Galhau, stabiliser nos dépenses publiques. Nous sommes confrontés simultanément à plusieurs crises de grande ampleur : économique, sociale, sociétale, climatique, énergétique, environnementale, sanitaire, de délabrement de tous nos services publics, démocratique, de confiance vis-à-vis des hommes et femmes politiques et de certaines institutions de notre République – la Police pour ne citer qu’elle. Chacune de ces crises nécessite une réponse forte et d’ampleur.

Mais, selon lui, il faut « une stabilité des dépenses publiques » à des niveaux qui sont déjà notoirement insuffisants. Il faut continuer les mortifères politiques d’austérité. Il nous fixe même un cap pour bien nous indiquer que cela ne peut pas n’être que temporaire : « en dix ans, on diminuerait le ratio de dette par rapport au PIB de 20% », on le ramènerait de 120% à 100% ; quel objectif comparé à l’urgence des multiples crises auxquelles nous sommes confrontés !

Mais François Villeroy de Galhau parle ainsi car il ne croit pas qu’il y ait eu de politique d’austérité en France. Si, si ! Vous pouvez vérifier. Voici ce qu’il dit à Guillaume Erner (à 6’01’’ de son interview – cf. podcast disponible sur le site de France Culture) : « Vous parliez d’austérité ; ce n’est pas ce qu’il y a eu en France ces dernières décennies. On a des dépenses publiques qui sont à la fois les plus élevées d’Europe et qui ont continué à augmenter. Ce qu’il faudrait, une fois revenu au niveau d’activité pré-Covid, il faudrait stabiliser ces dépenses. » Il n’y a pas eu d’austérité en France ces dernières décennies !

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« On ne peut pas annuler la dette »

On a droit dans cet interview à l’argument habituel, plein – et même saturé – de mauvaise foi : « si vous me prêtez 100 € et que je ne vous rembourse pas, vous ne ferez plus confiance », les investisseurs ne feront plus confiance à la France. Exit donc toute discussion sur ce sujet.

Mais il ne s’agit aucunement de spolier les investisseurs privés ; il s’agit en l’espèce de la dette publique rachetée par les banques centrales nationales pour le compte de la BCE et détenue sur leurs livres. Pour la France, cela se chiffre aujourd’hui à 450 milliards d’euros. Ces dettes sont donc des dettes que nous nous devons à nous-mêmes, citoyens français et européens.

L’annulation de la dette publique française – et plus largement européenne – est un débat qu’il faut avoir. Que ce soit la dette née de la crise Covid dans ses multiples facettes et celle qu’il faudra faire pour financer les investissements nécessaires pour en sortir ou pour réparer les conséquences des politiques d’austérité suivies depuis des années ; mais aussi la dette pour réaliser les investissements nécessaires pour s’engager résolument dans la transition climatique et énergétique.

Neutraliser, cantonner, annuler cette dette permettrait de donner une marge de manœuvre très importante. Cela serait 450 milliards d’euros qui pourrait être investis dans l’économie réelle.

Voire beaucoup plus si la BCE finançait directement, sous contrôle démocratique et sans passer par les banques commerciales, des investissements décidés collectivement en réponse aux urgences qui sont les nôtres aujourd’hui. Mais ceci est un autre débat.

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Dans cette interview, François Villeroy de Galhau s’inscrit totalement dans la pensée néolibérale qui est celle qui prévaut actuellement que ce soit en termes de politique économique et budgétaire ou en termes de gestion de la dette. Dit autrement : l’austérité, rien que l’austérité ! Et diminution de l’endettement public !

Il y a portant tant de solutions alternatives. Mais elles sont autres que celles mises en œuvre au nom de la doxa ultralibérale !

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PS : sur ce sujet, vous pouvez utilement lire mes articles du 19 juillet « l’austérité : le retour ? » (lien ici) et du 24 juillet « les français vont devoir rembourser la dette liée à la crise économique, sociale et sanitaire actuelle en une vingtaine d’années. Et en commençant dès maintenant » (lien là)

Quelques réflexions sur le discours d’Emmanuel Macron du 24 novembre 2020

Hier soir, mardi 24 novembre, Emmanuel Macron a fait un discours de propagande sur son action dans cette crise sanitaire et sur ce qui va se passer maintenant. A ma grande honte, je dois avouer que je n’ai pas du tout été convaincu. Au contraire !

Cette allocution a plutôt eu l’effet de bien m’énerver : absence de démarche démocratique, maintien de la stratégie de la peur, persistance dans l’infantilisation des françaises et des français, poursuite et même accentuation des mesures autoritaires…

Il est vrai cependant que j’étais déjà passablement énervé avant même le début de l’intervention d’Emmanuel Macron sachant comment ces décisions avaient été prises. Elles ont en effet été arrêtées par un petit comité, le Conseil de défense dont on ne sait pas qui y avait participé. Il est tout à fait possible / probable que des ministres aient appris les mesures les concernant en regardant à la télévision le chef de l’Etat. Les réunions de ce Conseil de défense sont classées secret-défense ; quel bel exemple de démocratie et de transparence dans la gestion de cette crise qui nous intéresse toutes et tous au plus haut point.

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J’espérais, sans aucunement y croire d’ailleurs, une inflexion de la stratégie mise en place pour faire face à cette épidémie. Que nenni !

Dans le cadre d’une démarche démocratique volontaire, plusieurs membres de l’opposition parlementaire, tant de gauche que de droite, ont émis diverses propositions : intervention dans les discussions entre patronat et syndicat sur le télétravail qui, aujourd’hui, ne débouchent sur rien et laissent nombre d’employeurs et d’employés ‘bricoler’ dans un flou total ; échelonnement des horaires de travail et de cours permettant ainsi un meilleur étalement des transports en commun ; investissement en personnel, en matériels et en moyens dans les hôpitaux pour aider les urgences à ne pas être submergées – comme ils le sont d’ailleurs très régulièrement depuis des années – et plus profondément sur le long terme, engager une totale réforme de notre hôpital et plus globalement, de notre système de santé et de soins ; recrutement de personnel dans l’Education Nationale pour permettre un fort allègement des effectifs des classes ; amélioration du fonctionnement des ARS dont l’action, depuis le début de la pandémie, est très fortement critiquée tant par le milieu hospitalier et médical que par les autorités préfectorales et les élus… Aucune n’a été prise en considération !

Un point de forte contestation des français a certes été entendu. Les promenades et les activités physiques en extérieur ne seront plus autorisées pour 1 heure dans un rayon de 1 km mais pour 3 heures dans un rayon de 20 km. Il faut dire que les françaises et les français ne respectaient plus cette contrainte ; y compris Gérald Darmanin si j’en crois ce que j’ai lu. Et comme on ne peut pas surveiller et contrôler tout le monde…

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Mais cela n’a pas été plus loin ! Les conséquences humaines, sanitaires, psychologiques voire psychiatriques, sociales, sociétales, qui auraient conduit à revoir assez complètement le confinement tel qu’il est réalisé, sont certes évoquées – pour certaines d’entre elles – par Emmanuel Macron. Mais elles vont perdurer et on va mettre en place « une stratégie pour prendre en compte les conséquences de la pandémie et des confinements ». Aucun soulagement donc des souffrances et des troubles de ces personnes mais rendez-vous est pris aux calendes grecques !

Pas un mot par contre pour le port du masque obligatoire pour les enfants à partir de 6 ans. Tous les professionnels de l’enfance, psychologues et pédopsychiatres en tête, s’alarment des nuisances de cette mesure pour les besoins d’expression des enfants sur les plans affectif, langagier, émotionnel, corporel. Les médecins alertent par ailleurs sur les problèmes pneumologiques et respiratoires que le port du masque plusieurs heures par jour peut occasionner.

Et que dire du port du masque pour les femmes alors qu’elles sont en train d’accoucher et lors de leur premier rapport visuel, sensitif, charnel avec leur bébé tout juste né ?

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Le développement d’une stratégie de la peur a imprégné tout le discours d’Emmanuel Macron. Schématiquement, ce que le Président de la République nous explique, c’est que, si ça va mieux, c’est grâce à nous tous certes mais surtout grâce à lui qui a pris les bonnes dispositions. Et si ça ne marche pas, c’est de notre faute, on n’a pas fait tout ce qu’il nous avait été dit de faire.

Emmanuel Macron insiste donc fortement sur la nécessité de poursuivre les efforts dans la voie qu’il a indiquée. Il nous prévient ainsi, à plusieurs reprises, qu’il faudra « tout faire pour éviter une troisième vague, tout faire pour éviter un troisième confinement ». Et il décline toutes les restrictions que nous devons nous imposer pour limiter la propagation du virus et protéger les personnes les plus vulnérables.

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Nous ne sommes pas des enfants ! Nous sommes des adultes responsables et autonomes ! Nul besoin de nous dire ce que nous devons faire et les précautions à prendre dans toutes les sphères de notre vie, professionnelle, sociale, privée et même familiale pendant cette période dont tous, nous mesurons bien les enjeux collectifs ! Et surtout, pas besoin de nous menacer et de chercher à nous effrayer sans cesse.

Cette infantilisation des françaises et des français est aussi visible dans le maintien des ‘ausweis’, pardon des attestations de déplacements. ‘Et vous obéissez bien ! Sinon, attention, pan-pan cucul !’ Car, même si cela n’a pas été dit, les amendes de 135 € continueront à pleuvoir. Les témoignages abondent sur les réseaux sociaux sur les amendes mises à des personnes se trouvant à plus d’un kilomètre de leur domicile, ayant oublié de prendre leur attestation ou l’ayant remplie au crayon à papier… En fait, pour tout un ensemble de motifs suscitant l’incompréhension… et la colère.

Combien de kilomètres-carrés de forêts cette aberration des attestations va-t-elle d’ailleurs coûter ?

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On note aussi la poursuite des mesures autoritaires. Je viens de parler de l’obligation d’avoir son attestation de sortie et tous les justificatifs nécessaires dûment signés par l’établissement scolaire ou l’entreprise ou les parents ou le Pape ou le Grand Mufti ou qui sais-je encore.

Mais cette dimension autoritaire prend une ampleur supplémentaire quand Emmanuel Macron veut prévoir « les conditions pour s’assurer de l’isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante ». Et il insiste quand il dit : « si nous voulons éviter un troisième confinement (à nouveau, la stratégie de la peur), nous devons être plus contraignants à l’égard de celles et ceux qui ont le virus ».

Là, nous restons certes dans la stratégie de la peur mais nous entrons aussi dans le mensonge ! Les personnes dont parlent Emmanuel Macron sont les personnes testées positivement sur la base de tests PCR. Ces tets indiquent que la personne a dans ses fosses nasales de l’ARN de SARS CoV 2 et aucunement que la personne ait la maladie Covid 19 – ni même qu’elle ait le moindre risque de la développer si ce ne sont que des fragments de l’ARN viral qui ont été décelés. Le Président de la République va plus loin lorsqu’il vise aussi les cas contacts qui sont des « personnes [qui ont été] exposées à quelqu’un qui a la COVID 19 », de personnes qui, en réalité, ont seulement été testés positifs et donc, dont on n’est aucunement sûr qu’ils soient malades ou qu’ils le seront prochainement.

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Cet autoritarisme s’exprime aussi sur la fin de l’intervention d’Emmanuel Macron. Il nous invite ainsi à nous préparer « à affronter les crises qui viennent » (stratégie de la peur) et pour cela, il insiste beaucoup sur la nécessité de « s’en remettre au savoir et à la science, ne jamais céder au complotisme, à l’obscurantisme, au relativisme ».

De quel savoir et quelle science parle-t-il ? Qui décide ce qui est vrai et faux ? Qui fixe en fait la doxa à laquelle nous devons souscrire sans sourciller… et sans réfléchir ? Doxa qui, selon Emmanuel Macron, ne devra en aucune façon et à aucun moment, être remise en question ; ceux qui le feront ne seront que des complotistes, des obscurantistes, des relativistes. Quel ‘beau’ moyen de déconsidérer avant même qu’elle ne s’exprime, toute personne voulant exposer un avis contraire, le mettre en débat.

Ce qui caractérise un véritable scientifique (mais aussi toute personne ouverte et honnête), c’est le doute qui incite à remettre en cause perpétuellement ce que l’on croit ! C’est accepter la contradiction pour faire jaillir une vérité plus grande et plus juste. On est loin des perroquets qui écument les plateaux télé et les stations de radios pour assener avec force la propagande gouvernementale, la doxa à laquelle nous devons adhérer. Et pourtant, nous risquons d’en voir encore beaucoup.

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Oui ! J’étais énervé lorsque Emmanuel Macron a fini de parler.

Et quand je réfléchis à ce qu’il a dit, je le suis encore plus !

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PS : Emmanuel Macron a aussi annoncé un certain nombre de mesures de soutien à l’économie. Dans quelques jours, je posterai un article sur ce sujet.

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MAJ du 30 octobre : l’article annoncé ci-dessus (lien ici) a en définitive comme sujet l’interview de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, le matin du 24 novembre. Le même soir, Emmanuel Macron a présenté ses mesures de soutien à l’économie qui seront financées par l’endettement comme il faut le faire.

« Endettement qu’il faudra rembourser très vite dans le contexte d’une maîtrise souhaitable des dépenses publiques » si je traduis les propos de François Villeroy de Galhau.

Ce qui signifie, sans langue de bois, en instaurant de nouvelles mesures d’austérité !

A lire ici !

Eteignez votre télé et allumez votre cerveau !!! Car : télé du gouvernement… ; télé gouverrrnnement… ; télé gouvern’. . . ment !!!

Ça y est, nous sommes confinés ! Emmanuel Macron nous l’a dit après nous avoir expliqué pourquoi avec une grande pédagogie. [ Je vais vous épargner la blague comme quoi, si vous n’êtes pas d’accord avec le confinement, c’est qu’en fait vous n’avez pas compris ce qu’il a dit et qu’il faut donc que vous réécoutiez encore et encore son discours. ]

Cette annonce n’a pas été une surprise. Cela fait un moment que nous en étions prévenus par toutes les télévisions, toutes les radios et tous les journaux du Gouvernement. Pardon ! Il n’y a pas de médias d’état en France ; il n’y a que des médias mainstream qui relaient sans filtre et sans aucun esprit critique la propagande gouvernementale. Pardon à nouveau ! Pas la propagande gouvernementale mais les informations obtenues de sources sûres. Bref !

Mais…

Combien de ces médias se sont inquiétés du fait que le principal argument pour justifier ce nouveau confinement, le nombre quotidien élevé de nouveaux cas, soit peu fiable ? J’y reviendrais plus loin.

Combien de ces télévisions et de ces radios se sont interrogées pour savoir pourquoi, alors qu’elles annoncent à cor et à cri depuis des mois la ‘seconde vague’, les hôpitaux n’aient à nouveau pas les moyens de faire face à une augmentation lente des hospitalisations lié à un regain saisonnier de cette maladie ?

Pourquoi n’ont-ils pas interpelé le gouvernement – qui a toujours assuré que tout serait prêt quand cette ‘seconde vague’ arriverait – quand des fermetures de lits ont été annoncées ces derniers mois dans une quinzaine d’hôpitaux malgré la pandémie en cours et alors que des services hospitaliers se sont mis en grève pour tenter de les empêcher ?

Pourquoi n’ont-ils pas été alertés par les cris d’alarme de professeurs et de chefs de service sur l’absence de l’augmentation pourtant promise par le gouvernement des capacités de lits de réanimation ?

Pourquoi n’ont-ils pas réagi quand, après avoir donné des fonds supplémentaires aux hôpitaux lors du Ségur de la santé, le gouvernement en a repris une part notable lors du vote du budget de la Sécurité sociale au titre du respect de l’ONDAM dont on sait depuis des années – et encore plus depuis cette crise sanitaire – qu’il est à l’origine des graves manques de personnels et de moyens dont souffrent tous les hôpitaux ?

Et combien, dans une analyse sur ces 10/15 dernières années, se sont questionnés sur le nombre d’hôpitaux qui ont été fermés (pas loin d’une centaine si j’en crois un article que j’ai lu lors du premier confinement) et le nombre de lits qui ont été supprimés (des dizaines de milliers) ? Et sur les conséquences que cela a aujourd’hui ?

Je ne me souviens pas non plus avoir vu relayées dans ces médias mainstream les condamnations de l’OMC sur les confinements à venir ? Notamment en raison des dégâts collatéraux que cela a occasionné sur les populations les plus pauvres, tant dans les pays les moins avancés que dans nos sociétés dites développées.

Cela aurait pourtant été l’occasion que ces médias se penchent sur les conséquences dramatiques du premier confinement ! Sur les conséquences des retards de dépistage et de soins de cancers, de maladies cardio-vasculaires et plus généralement de toutes les pathologies mortelles. Sur les dégâts psychologiques et même psychiatriques que cela a induit. Mais aussi sur l’augmentation de la pauvreté qu’il a occasionnée et sur tous les effets sanitaires, psychologiques, sociaux, sociétaux qui en ont résulté.

Sans aller sur ces aspects pathologiques, il aurait pu y avoir des interrogations sur l’absence de bien-être des françaises et des français lors du (des) confinement(s) ; et d’autres sur les restrictions portant sur des moyens de consolider nos défenses immunitaires nous permettant de lutter efficacement contre le coronavirus et contre le stress : fermer les salles de sport ; interdire les plages, les forêts, les sentiers de montagnes, les pistes cyclables, les berges des canaux à ceux qui en sont à plus d’un kilomètre. A l’inverse, à l’étranger, en Allemagne ou en Suisse, on pousse les gens à sortir ! On les encourage à faire du sport et à aller à la campagne, au contact de la nature, en plein air, sans limitation de distance. Mais les autorités ont choisi de responsabiliser leurs concitoyens et non pas de leur imposer des mesures coercitives. N’est-ce pas un sujet de réflexion ?

Mais plus que tout, ces médias auraient alors pu s’interroger sur les possibles stratégies sanitaires et sociales autres que celles menées jusqu’à maintenant en France pour lutter contre cette épidémie ; peut-être, tout simplement, en regardant ce qui a été fait ailleurs et qui a bien fonctionné. En un mot, réfléchir de façon autonome et indépendante (en fait, cela fait 6 mots ; tant pis). C’est pourtant le rôle d’un 4ème pouvoir digne de ce nom !

Non ! Les télés, radios, journaux mainstream se sont contentés de transmettre les informations ‘obtenues de leurs sources sûres’. Et de s’inscrire ainsi dans la stratégie de la peur développée par les autorités depuis le tout début de cette épidémie.

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Il faut que nous voyions les choses en face. Ce reconfinement n’est pas dû à une augmentation exponentielle de l’épidémie de Covid 19 comme veut nous le faire croire le gouvernement qui compte sur notre peur de la maladie pour obéir sans broncher à ses diktats. Et sur les forces de l’ordre qui sont détournées de leurs missions d’assurer la sécurité et la paix publiques et de lutter contre la criminalité pour aller vers des opérations de surveillance et de contrôle de la population, voire de répression au travers des amendes.

Ce reconfinement est dû au manque de personnel, de moyens et de lits dans les hôpitaux ainsi que d’une stratégie de dépistage défaillante.

C’est en effet une crise de capacité de nos hôpitaux qui manquent de lits. Non seulement dans les services de réanimation comme l’a dit, sans doute de façon trop limitative, Emmanuel Macron, mais aussi dans les services d’urgence (y compris pour accueillir les malades atteints d’autres pathologies) et dans les services d’hospitalisation conventionnelle. Et faut-il rappeler ici que les services d’urgence crient misère depuis des années et des années et qu’ils sont régulièrement débordés, notamment lors des épidémies saisonnières de grippe avec des files de patients installés sur des brancards tout au long des couloirs.

Nous avons en France une stratégie de diagnostic de masse bien plus qu’une réelle stratégie préventive de dépistage mise en place à destination des populations les plus fragiles qui sont maintenant bien identifiées – les personnes âgées ainsi que les personnes souffrant d’hypertension, d’obésité, de maladies cardio-vasculaires, de problèmes respiratoires, avec des forts taux d’exposition aux diverses pollutions. Et par là-même, de protéger ces personnes qui sont celles qui risquent de développer des formes graves de la Covid 19 et de mourir. Il faudrait pour cela s’appuyer sur les médecins de ville et les gériatres des EHPAD qui ont été mis sur la touche pour concentrer tout sur les hôpitaux.

En outre, nous avons des tests PCR qui ne sont pas fiables. Pour reprendre l’explication scientifique, ces tests sont fiables jusqu’à 25 cycles d’amplification ; vous ne m’en voudrez pas de ne pas vous expliquer ce qu’est un cycle d’amplification car, honnêtement, je ne le pourrais pas. Si le test est positif, cela veut dire que l’on est porteur du virus SARS CoV 2. Mais en France – et dans d’autres pays européens – on est à 45 cycles ; la présence d’un fragment totalement inoffensif du virus fait ressortir le test comme positif. On ne sait pas quelle est la proportion de ces ‘faux positifs’ ; selon certains, cela pourrait être de l’ordre de 60/70%, voire plus ; et même beaucoup plus.

Et c’est là qu’une grande manipulation a été mise en place ! Les médias mainstream, depuis des jours et des semaines, mettent en avant ce chiffre pour nous convaincre d’une progression très rapide de la maladie appelée Covid 19, pour instiller en nous la peur de cette maladie. Nous avons tous en tête les annonces de ce type : « Santé publique France fait état ce vendredi 30 octobre de 49 215 nouveaux cas ces dernières 24 heures. » Mais il ne s’agit pas de personnes malades ! Il s’agit de personnes dont on a déterminé, avec la fiabilité que je viens de rappeler, qu’elles sont porteuses du virus.

Le but est de faire peur. Le but est de faire en sorte que les gens soient prêts à sacrifier leur liberté pour, soi-disant, leur santé et leur sécurité. C’est ce chiffre qu’Emmanuel Macron a notamment mis en avant pour nous faire accepter ce nouveau confinement.

[ Une parenthèse pour rappeler que cet arbitrage entre liberté et sécurité a déjà été utilisé quand le 1er gouvernement Macron a transféré dans la loi commune, au nom de la lutte contre le terrorisme, la majeure partie des dispositions de l’Etat d’urgence. Ce dispositif d’exception, très liberticide dans certains de ses aspects (par exemple, les assignations à résidence peuvent être décrétées par une personne, le Préfet, en dehors de tout jugement ; ce dernier peut aussi décider de sa seule autorité des perquisitions dites administratives dans des lieux privés et à n’importe quelle heure) est ainsi devenu permanent. Puis-je rappeler que dans tous les régimes autoritaires, la sécurité (ou tout du moins l’interprétation qu’en donnent les dirigeants) prime toujours sur la liberté des citoyens ? ]

Ce chiffre de porteurs du SARS CoV 2 n’est donc pas pertinent pour juger de l’ampleur de l’épidémie actuelle. Car le véritable indicateur d’une épidémie, c’est le nombre de décès ; il ne faut pas cesser de le rappeler. On évalue à près de 37 000 le nombre de morts depuis son arrivée en France. On commence d’ailleurs à s’interroger si le virus n’a pas commencé à circuler non pas en décembre, mais dès l’automne 2019 et peut-même, pendant l’été.

Quand on entre un peu plus dans les détails, on constate que l’âge médian des personnes décédées est de 84 ans et que 90% avaient plus de 65 ans. Ou encore que la moitié des personnes de plus de 80 ans décédées avaient, du fait de leur état général, une espérance de vie extrêmement courte (1 an voire 2). On relève aussi que les décès sans comorbidité connue sont extrêmement rares.

La manipulation des données me semble là aussi avérée. Dans mes navigations sur les réseaux sociaux, j’ai vu le témoignage d’une femme s’indignant que le décès de son père âgé de 90 ans soit attribué à la Covid 19 alors qu’il était en phase terminale d’un cancer généralisé. Ou les interrogations d’un médecin hospitalier devant l’instruction de son ARS d’attribuer les décès au SARS CoV 2 dès lors que le test était positif et quelle que soit la maladie en cours de traitement.

On ne peut aussi que s’étonner de voir que le virus de la grippe tue plus que celui de la Covid 19. On n’a pas jugé bon toutes ces dernières années, y compris les années où l’épidémie de grippe a été particulièrement meurtrière, d’instaurer des couvre-feux, de confiner toute la population ou de l’obliger à porter des masques. Nos médias mainstream, qui sont particulièrement offensifs sur le respect de cette mesure, ne se posent pas la question ; pourquoi ?

Ah les masques. Quelles belles muselières ! Quelle atteinte aussi à notre liberté de vivre tout simplement ! Je ne dénie pas son utilité dans les lieux couverts ou pour les personnes fragiles. Mais pour toute la population, même dehors et à partir de 6 ans ?

Le nouveau protocole sanitaire pour l’Education nationale prévoit en effet que le port du masque est obligatoire dès le cours préparatoire et donc pour tous les élèves à partir de 6 ans. Vous avez bien lu : port obligatoire du masque dès l’âge de 6 ans ! Dans quel monde sommes-nous pour imposer cette contrainte physique, émotionnelle, psychologique, sociale, potentiellement dangereuse pour leur santé, à tous nos enfants et tous nos petits-enfants dès leur plus jeune âge ? Ceci d’autant plus que, même si le débat entre scientifiques n’est pas totalement clos, leur contagiosité est faible. Une certitude toutefois ; les enfants contaminés ne souffrent que de formes bénignes de la maladie.

Et toujours cette stratégie de la peur. Portez le masque parce que, sinon… le ciel va vous tomber sur la tête ! Jusqu’où ira cette volonté délibérée de faire peur et d’imposer par ce biais ses diktats ? Et quoi encore ? Au prochain épisode de gastro-entérite, nous faudra-t-il porter des couches sur nos pantalons ?

J’y vois aussi une belle manipulation. Il faut nous obliger – à défaut de nous convaincre – à porter un masque quels qu’en soient les inconvénients tant sanitaires (et ils sont nombreux ; voir les nombreuses alertes des pneumologues) et psychologiques que relationnels et sociaux pour que, quand le vaccin arrivera, nous soyons prêts et même heureux de nous faire vacciner !

Soyons conscient aussi que l’optique de Big Pharma est de vacciner toute la population comme cela est complaisamment relayé par le gouvernement et les médias mainstream. Non pas seulement la population à risque que l’on connait bien maintenant mais toute la population ! Alors que, par exemple pour la grippe qui, je le rappelle, tue plus que la Covid 19, la vaccination n’est que conseillée et uniquement pour les personnes les plus vulnérables.

Et la vaccination sera-t-elle obligatoire ou ‘vivement conseillée’ ? Pour tous ou seulement pour certaines professions ? Ce vaccin sera-t-il ajouté au cocktail de 11 vaccins obligatoires pour les enfants avant toute entrée en collectivité, à savoir dès leurs tous premiers mois s’ils vont dans une crèche ou chez une assistante maternelle ?

Et quelles seront l’efficacité et la fiabilité de ces vaccins développés dans l’urgence, sans le respect de certaines procédures comme c’est normalement le cas ? Il va sans dire que les bénéfices de ces vaccins iront dans les poches des grandes sociétés pharmaceutiques engagés dans une compétition uniquement financière – j’ai des doutes quant à leur altruisme. Mais il faut aussi savoir que les risques liés aux effets secondaires, des plus bénins au plus graves, en seront supportés par les Etats ; par vous et par moi. Cherchez l’erreur !

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Oui ! Nous entrons dans une (nouvelle) période difficile. Lors du premier confinement, nous avions tous l’espoir – certes quelque peu teinté de scepticisme – que le jour d’après ne serait pas comme le jour d’avant. Il me semble aujourd’hui plus difficile d’y croire.

C’est un défi. Et maintenant encore plus qu’avant, il faut que nous éteignions la télé et que nous allumions notre cerveau.

Il faut maintenant encore plus qu’avant que nous pensions et réfléchissions par nous-même, que nous exercions notre esprit critique.

Il faut maintenant encore plus qu’avant que nous ne laissions pas le gouvernement et ses organes de propagande penser pour nous et nous laver le cerveau afin que nous fassions ce qu’il dit sans réfléchir et sans regimber.

Il y va de notre dignité d’être humain ! Il y va de notre liberté !

Qu’est-ce qu’une amende dissuasive ? Quelques jongleries autour des sommes de 135 € et 1500 €

« Il y aura des contrôles. […] Il y aura des amendes […] de 135 euros qui est celle qui prévaut aujourd’hui pour les masques ou pour les restrictions qui sont déjà observées. […]. En cas de récidive, ce sera 1500 euros. […] Cela doit être dissuasif ! »

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Voilà ! L’amende sera de 135 € ; certains au Gouvernement pensent d’ailleurs qu’elle n’est pas assez élevée et qu’il faudra « la renforcer ». Et en cas de récidive, cela sera 1500 €.

1500 € car il faut que cela soit ‘dis-su-a-sif’ comme l’a martelé Emmanuel Macron. Mais qu’est-ce une amende dissuasive ?

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Je suis prêt à parier que, comme certains d’entre eux ont eu des amendes pour non-respect du confinement, des SDF vont être condamnés à payer 135 € pour non-respect du couvre-feu. Je crains en effet que certains membres des forces de l’ordre, salissant plus qu’honorant leur uniforme et leur fonction, vont abuser de leur pouvoir pour mettre des amendes à ces personnes déjà dans la plus grande misère. Mais, de toute façon, au point où ils en sont, 135 € ou 1500 €, ils s’en moquent !

Le montant forfaitaire du RSA est de 564 € ; ce n’est pas énorme ! Montant d’ailleurs que le gouvernement vient de refuser d’augmenter. A noter également que cela correspond à peu de choses près au revenu moyen des auto-entrepreneurs. Mais, bref ! Une amende de 1500 €, c’est donc presque trois mois de revenus. On ne peut pas nier que c’est très dissuasif ! Mais on peut s’attendre à ce qu’ils ne la payent pas ; ce qui est on ne peut plus normal.

Le Gouvernement a annoncé le versement d’une aide exceptionnelle de solidarité de 150 € à tous les bénéficiaires du RSA. Attention donc à l’établissement des ausweis attestations quand ces personnes devront sortir « dans un cas de bon sens » pour reprendre les mots d’Emmanuel Macron ! Car une attestation mal remplie, c’est quasiment toute cette prime qui y passe.

L’amende sera aussi dissuasive pour une personne payée au SMIC (1219 €) : un mois de salaire ! Ces salariés dont un certain nombre travaille de nuit ou en horaires décalés, devront aussi prêter la plus grande attention à la façon dont ils remplissent leur attestation. On a vu lors du confinement toutes les interprétations que certains policiers et gendarmes étaient capables de faire pour pouvoir coller une amende.

Le dernier salaire médian net en France connu est celui de 2016 (pour rappel, 50% des salariés gagnent plus et 50% des salariés gagnent moins) : il s’établissait alors à 1789 €. 1500 € soit quasiment un mois de salaire constitue, c’est indéniable, un montant dissuasif pour la moitié de nos concitoyens !

Peut-on dire qu’une amende correspondant à la moitié d’un mois de revenus (tous les revenus) soit dissuasive ? Je pense que oui ; c’est même absolument énorme. Cela correspond à 3000 € de revenus par mois !

Eh bien, seuls 17% des salariés touchent plus de 3000 € par mois. Dit autrement, pour 83 % des salariés – qui n’ont pas ou très peu de revenus du capital ou de revenus immobiliers, une amende de 1500 € représente plus d’un demi-mois de salaire !!!

Et je ne parle pas de l’agriculture où le revenu courant avant impôts (RCAI) par actif non salarié des exploitations tournait en 2018 autour de 2500 euros par mois (avant cotisations sociales – sachant que 15 à 20% selon les années des agriculteurs ont des revenus nuls ou déficitaires). Amies agricultrices et amis agriculteurs, évitez d’aller au restaurant ou chez des amis en ville ! Ou alors, mettez quelques cageots dans le coffre et dites que vous êtes allés livrer des produits de votre exploitation.

Dans le commerce et l’artisanat qui sont très très très touchés par la crise actuelle, les revenus sont très contrastés et il est peu pertinent de vouloir donner un montant moyen. Certaines professions gagnent très bien leur vie mais d’autres, beaucoup d’autres, tirent le diable par la queue !

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Mais allons maintenant de l’autre côté. Du côté des 1%.

D’après une étude de l’INSEE datant de 2018 mais qui porte toutefois sur les revenus et le patrimoine des ménages en 2015, au‑dessus de 106 210 euros de revenu initial par unité de consommation (UC), une personne se situe parmi les 1 % de la population ayant les revenus les plus élevés.

Cela correspond à un revenu mensuel de 8 850 euros pour une personne seule et de 18 590 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. Payer 1500 € ? Cela correspond à 17% du revenu mensuel ; c’est, je pense, supportable.

Pour bien appréhender la répartition des revenus en France, il faut aussi voir que 9 % des personnes ont des revenus initiaux par unité de consommation compris entre 45 220 € et 106 210 €. Et que 90 % ont un revenu initial par UC inférieur à 45 220 euros. Ce qui correspond à un revenu perçu avant toute imposition directe (impôts sur le revenu, taxe d’habitation, CSG et CRDS) et perception des prestations sociales mais nets de cotisations sociales de 3768 € ; en gros, 3 fois le SMIC.

Mais affinons.

Les 0,01 % de personnes ayant les revenus les plus élevés perçoivent plus de 699 230 euros par an. Et les revenus des 0.09% suivants sont compris entre 259 920 € et 699 230 €.

Pour les premières, 1500 € ne se compare même pas à un jour de revenu : 0.8 jour pour les plus ‘pauvres’ d’entre elles pour être précis. Pour les secondes, cela se situe entre 0.8 et 2 jours de revenu. C’est cela qu’Emmanuel Macron juge dissuasif ?

Et ces inégalités se sont aggravées depuis 2015. Le second rapport (datant tout juste d’il y a quelques jours) du Comité d’évaluation mis en place à l’occasion de la suppression de l’ISF et de l’instauration d’une ‘flat tax’ sur les revenus du capital qui s’est substituée à la taxation selon le barème progressif de l’impôt sur les revenus, vient de sortir. Il dépeint avec précision le profil des bénéficiaires de ces réformes : ce sont les plus riches, les 1%, et même plutôt les 0.1% ! Car selon les dernières statistiques, les 0.1% les plus riches d’aujourd’hui sont un quart de fois plus riches que les 0.1% de 2017.

Ce que l’on sait aussi, c’est que la suppression partielle de l’ISF a permis aux personnes concernées de voir leur imposition baisser, en moyenne, de 10 000 euros. En moyenne ! Presque 7 fois une amende à 1500 € ! Avec un gain de 1,2 million pour les 100 plus gros contribuables ; il vaut mieux ne pas calculer !

Je dois préciser aussi, même si c’est un autre sujet, que ce rapport montre que les promesses faites par Emmanuel Macron – à savoir que l’investissement productif serait boosté et que la fortune des plus riches ‘ruissèlerait’ dans toute l’économie – ne sont pas là. Et je ne crains pas de m’avancer en affirmant qu’elles ne seront jamais réalisées.

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Que dire pour conclure ? D’une part, une amende représentant ½ mois de salaire comme c’est le cas pour 83% des françaises et des français ; et qui même, pour un grand nombre, correspond à un mois, voire 3 mois de salaires. De l’autre, un montant qui se compare à moins de 2 jours de revenus.

Pour une très très grande majorité des françaises et des français, une amende de 1500 € en cas de récidive a un caractère très dissuasif.

Mais ce caractère dissuasif ne concerne pas du tout ceux qui, depuis plus de 3 ans maintenant, bénéficient des cadeaux du Président de la République. Cela ne concerne pas du tout les amis d’Emmanuel Macron, les hyper-riches, les super-riches et les très riches. Cela ne concerne pas du tout les 1%.

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En fait, tout cela est désespérément triste !

Mais surtout, dans les différents sens que peut prendre ce verbe, ne nous laissons pas abattre 😊

Ça y est ! On est (presque) reconfiné !

Emmanuel Macron en a décidé ainsi. Dans toute l’Ile-de-France et dans 8 grandes métropoles, il est interdit de circuler de 9 h du soir à 6 h du matin. Et on revient une fois encore dans la rhétorique guerrière : on a un couvre-feu. Là, on ne nous demande pas d’occulter toutes les lumières pouvant aider l’aviation ennemie, celle de la sournoise et perfide Cofidie-19, à nous bombarder ; mais on n’en est pas loin.

En fait, tous les organes de propagande officielle nous en avaient informé. Il y a plusieurs jours que le couvre-feu est annoncé et que les polémiques stériles fleurissent ! Il commencera à 20 h ; non à 22 h ; non, à 21 h. Et il se terminera à 6 h ; non, à 5 h. Aucune analyse de fond de nos médias mainstream quant à la pertinence et à l’efficacité de cette mesure ; juste des chicaneries et des ergoteries, le fond de la mesure ayant été validé sans aucune réflexion.

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Donc après la distanciation sociale, l’isolation sociale, la non-vie sociale. N’allez plus au restaurant, dans un bar, au cinéma, au théâtre, à la salle de sport, en boite de nuit, à un concert ou à n’importe quel spectacle, dans un musée ou un quelconque lieu culturel… N’allez plus chez des amis ou voir votre famille. Surtout, continuez à aller travailler, à aller à l’école ou à l’université, à prendre les transports en commun. Mais n’ayez aucune vie sociale !

En fait, quand on regarde la répartition des clusters par type de collectivités établie par Santé Publique France, 25% se trouvent sur le lieu de travail (‘entreprises privées et publiques’) et 21% dans le milieu scolaire et universitaire. Mais ces clusters-là ne seront pas affectés par les dispositions prises. Par contre, les ‘évènements publics ou privés : rassemblements temporaires de personnes’ selon la terminologie officielle qui constituent 10.3% de l’ensemble des clusters (à la 4ème place), il faut s’y attaquer.

En fait, l’excuse (oserais-je dire la tentative de parade ou même de camouflage) face à cette simple constatation est de dire, comme cela circule dans les sphères gouvernementales, que la plupart des personnes qui entrent à l’hôpital ces derniers temps pour cause de contamination au Covid-19 affirment avoir participé à une soirée quelques jours plus tôt. Ils ne sont pas allés travailler, ils ne sont pas allés à l’université. Non ! ils ont participé à une soirée avec des amis ou de la famille quelques jours avant ! C’est tout : et c’est là qu’ils ont contracté la maladie.

Et pour bien affirmer cela, des voix dites expertes (i.e. des ‘prostitué(e)s de la Macronie), parlent maintenant d’ ‘angles morts dans les politiques de repérage’. Ce qui, en fait, n’a d’autre but que de cibler la sphère privée.

[ Une parenthèse pour préciser que le troisième secteur dans lequel les clusters sont déclarés depuis le déconfinement de mai dernier est celui des établissements de santé (11.3%). Vraiment triste car je ne peux m’empêcher de penser que ce sont les personnels soignants, les ‘premiers de cordées’, qui sont ici touchés. Eux qui ne cessent de clamer semaine après semaine, mois après mois, leur épuisement moral et physique. Sans aucun écho du gouvernement ! ]

Enfin, j’exagère. On peut continuer à avoir une vie sociale. Mais pas à plus de 6 personnes, que ce soit chez soi ou dans la rue.

Une question : si un cor-beau ou une cor-belle (féminin de corbeau comme nous le savons tous) appelle (anonymement bien sûr) la Police pour ‘signaler de façon très citoyenne’ un rassemblement de plus de 6 personnes chez son voisin ou de l’autre côté de la rue, que se passera-t-il ? Les forces de l’ordre pourront-elles faire irruption dans un domicile privé ? Pourront-elles condamner à une amende de 135 € chaque participant ? Voire à une contravention d’un ‘montant dissuasif en cas de récidive’ si j’ai bien compris Emmanuel Macron ? Dissuasif d’ailleurs pour les classes moyennes ou laborieuses mais pas pour les hyper-riches, super-riches et autres très-riches que choient sans cesse notre Président de la République.

Et la question va se poser quand les gens voudront manifester. Je vois d’ici les interdictions au nom de la pandémie ; et les violences et les amendes qui vont pleuvoir sur les personnes souhaitant exercer malgré tout ce droit dans notre pays qui est encore celui des libertés.

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Comment en est-on arrivé là ? C’est en fait la conséquence d’un double échec.

J’exonère partiellement (j’ai bien dit partiellement) Emmanuel Macron du premier échec : le manque de moyens humains et matériels, le manque de places dans les hôpitaux. Nicolas Sarkozy a décidé que l’hôpital devait être géré comme une entreprise dont le but ultime est la rentabilité. François Hollande a poursuivi cette politique tout comme Emmanuel Macron. Et ceci, malgré son crédo que « la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. » (Oh combien je suis d’accord avec cette affirmation).

Mais là où je n’exonère pas Emmanuel Macron, c’est qu’il a poursuivi cette politique mortifère (sans jeu de mots). Mais encore plus, c’est que ce qu’il donne d’une main (5.2 milliards de dépenses supplémentaires programmées par le Ségur de la santé signé en juillet avec les syndicats), il le reprend de l’autre. La loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2021 présentée début octobre prévoit près de 1 milliard d’euros d’économies dans les établissements de santé. Combien de lits, combien de personnels, combien de revalorisations salariales, combien d’investissements promis sont ainsi supprimés au nom de l’ONDAM – l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie – créé sous Nicolas Sarkozy et que ni François Hollande, ni Emmanuel Macron n’ont depuis remis en cause ?

Et puis, cette seconde vague dont on nous parle depuis des mois, pourquoi le gouvernement ne l’a-t-il pas anticipé ? Pourquoi n’a-t-il pas dans l’urgence ouvert des lits ? Ceci étant dit en incluant toutes les composantes humaines et matérielles que cela suppose. Pourquoi ?

Le second échec est lié à la politique des tests. Un réel échec comme l’a reconnu Emmanuel Macron ! Faire un test et n’avoir le résultat qu’une semaine à 10 jours après est totalement inutile ; d’autres bien plus compétent que moi l’ont dit et redit depuis des semaines. Mais cela n’aurait pas permis au gouvernement de clamer que le nombre de tests étaient en augmentation exponentielle. C’était ça le message ; le nombre de tests réalisés est en hausse exponentielle. Et tant pis si les conditions dans lesquelles ils sont effectués font que leur utilité est plus que limitée.

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Je tiens pour finir à mettre en exergue, dans la conclusion d’Emmanuel Macron où il insiste que nous devons être « lucides, collectifs, unis », cette phrase : « nous sommes une Nation de citoyens solidaires. Nous ne pouvons pas nous en sortir si chacun ne joue pas son rôle, ne met pas sa part. ».

J’ai immédiatement pensé qu’il faisait référence aux milliards et milliards d’euros donnés aux grands groupes sans aucune contrepartie en termes de maintien de l’emploi, de formations, d’investissements dans notre pays, de relocalisation d’activités, d’engagements environnementaux ou dans les transitions écologique et énergétique. J’ai aussi pensé qu’il parlait du ‘1 %’ qui bénéficie depuis le début de sa présidence de cadeaux après cadeaux : suppression de l’ISF ; instauration d’une ‘flat tax’ qui s’est substituée à la taxation selon le barème progressif de l’impôt sur les revenus ; réduction des prélèvements sur les stock-options ; suppression de la tranche de la taxe sur les salaires supérieurs à plus de 150 000 €/an appliquée dans les métiers de la finance ; refus en cette période de crise d’un alourdissement de la contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus (revenu fiscal de référence supérieur à 250 000 €), voire de l’introduction de nouvelles tranches supérieures de l’impôt sur le revenu ou d’un prélèvement exceptionnel sur les plus hauts patrimoines… Et j’ai compris qu’il allait mettre bon ordre à tout cela !

Mais là, je me suis réveillé. Et j’ai compris que je rêvais !

Les français vont devoir rembourser la dette liée à la crise économique, sociale et sanitaire actuelle en une vingtaine d’années. Et en commençant dès maintenant !

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Dans mon article du 19 juillet (voir ici), je parlais du cantonnement de la dette Covid – c’est-à-dire de son isolement éventuel dans une structure ad hoc. Et je supposais, comme je pense beaucoup d’économistes et de financiers, que le remboursement de cette dette n’interviendrait que dans très longtemps et qu’en attendant, elle serait ‘sortie’ du ratio Dettes / PIB auquel les économistes orthodoxes (i.e. néolibéraux) tiennent tant. Même le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, était sur cette position quand il expliquait aux membres de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale qu’ « un traitement séparé de la dette héritée de la crise par un cantonnement partiel (avait) pour seul mérite de repousser son amortissement ».

Mais, d’après les explications de Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances (et de la Relance, n’oublions surtout pas ce dernier item), l’organisme ad hoc créé pour cantonner cette dette, la Cadec (Caisse d’amortissement de la dette Covid), va fonctionner sur le modèle de la Cades (Caisse d’amortissement de la dette sociale).

Cette dernière assure le remboursement des dettes des administrations de Sécurité Sociale grâce aux ressources qui lui sont attribuées, la CRDS et une partie de la CSG notamment. Et ceci depuis 1996 et non plus jusqu’en 2009 puis 2024 mais maintenant jusqu’en 2033 ; cette nouvelle prolongation résulte du transfert en juin dernier de 136 milliards d’euros. Les syndicats s’étaient pourtant fortement opposés à cette opération. Ils estiment – à juste titre – que c’est à l’Etat de prendre en charge intégralement les dettes imputables directement ou indirectement à la lutte contre la Covid 19 et à la crise économique et sociale qui en découle. Pour reprendre les termes d’un d’entre eux : « la facture est ainsi mise quasi intégralement à la charge des salariés et des retraités ». Cela va aussi compliquer (oserais-je dire, diminuer) le financement d’autres politiques sociales, voire plus globalement le financement de la Sécurité Sociale dans son ensemble.

Il faut signaler que la Cour des comptes a critiqué ce transfert en des termes qui ne laissent aucun doute quant à ce qu’ils signifient : « Cette démarche ne s’accompagne d’aucune mesure d’économies […] et ne s’inscrit pas dans une démarche de maîtrise globale des finances publiques ». Toute la pensée néolibérale en quelques mots ! La traduction de ce beau spécimen de la novlangue néolibérale donne : de l’austérité, moins de financements pour les services publics, encore plus de déréglementations dans tous les domaines, toujours plus de privatisations et de délégations au secteur privé, etc. !!!

Cette nouvelle structure, la Cadec, aura pour mission de procéder au remboursement de cette dette de l’Etat due à la crise du coronavirus ; a priori, ce transfert s’élèverait à 150 milliards d’euros et son remboursement courrait jusqu’en 2042.

La droite parlementaire critique d’ores et déjà fortement ce projet du gouvernement Macron. Pour Eric Woerth, président LR de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale, celui-ci « a tout d’un artifice, pour éviter les sujets qui fâchent mais qui sont pourtant incontournables, à savoir les économies sur la dépense publique ».  Appel on ne peut plus clair à de l’austérité, à moins de financements pour les services publics, à encore plus de déréglementations dans tous les domaines, à toujours plus de privatisations et de délégations au secteur privé, etc. !!! Je ne peux que me répéter !

Je n’ai pas trouvé – mais j’ai peut-être insuffisamment ou mal cherché – d’avis de la gauche sur ce projet.

La Cadec devra rembourser cette dette avant l’échéance fixée, à savoir 2042. Elle ne pourra pas, comme l’Etat le fait très régulièrement, rembourser un emprunt à échéance en en contractant un nouveau et en ne payant que l’intérêt dû ; ce qu’on appelle ‘faire rouler la dette’. Elle ne pourra pas le faire, si ce n’est très marginalement. Elle devra, tout au long de cette période et quelles que soient les circonstances, rembourser capital et intérêts pour que tout soit apuré en 2042.

En fait, ce montage ne change en rien la situation d’endettement global. Il s’agit juste d’un affichage permettant de distinguer, telles que la doxa néolibérale ne va pas tarder à les appeler (je tiens le pari), la ‘bonne’ dette de la ‘mauvaise’ dette, celle due aux mesures liées à la pandémie que nous avons connue.

Mais il a aussi pour but de faire en sorte que les français payent en un peu plus de 20 ans, intégralement, une grande partie de la dette due à la crise que nous venons de traverser. Et cela notamment en vue de la diminution du ratio Dette / PIB qui devrait approcher les 120% en fin d’année, contre un peu plus de 100% au 1er trimestre 2020.

Emmanuel Macron, Jean Castex, Bruno Le Maire, toute la Macronie ne cessent de le clamer urbi et orbi : il n’y aura aucune augmentation des impôts. Ce qui signifie qu’il faudra trouver ailleurs les ressources fiscales pour rembourser de façon accélérée cette dette. Ce qui signifie qu’il faudra détourner certaines recettes et donc réduire certaines dépenses pour la rembourser.

Réduire certaines dépenses ? C’est-à-dire de l’austérité, moins de financements pour les services publics, encore plus de déréglementations dans tous les domaines, toujours plus de privatisations et de délégations au secteur privé, etc. !!! Et pas demain ou après-demain ; aujourd’hui !

Cela signifie aussi avoir moins de marges de manœuvre pour amortir les conséquences de la crise économique et sociale dans laquelle nous sommes entrés ; ceci tant auprès des populations les plus fragiles et les plus défavorisés qu’auprès des classes moyennes et qu’à destination des entreprises, petites, moyennes et grandes.

Cela signifie également moins de moyens pouvant être attribuées à l’indispensable et urgente transition énergétique / climatique.