Quelques réflexions sur le discours d’Emmanuel Macron du 24 novembre 2020

Hier soir, mardi 24 novembre, Emmanuel Macron a fait un discours de propagande sur son action dans cette crise sanitaire et sur ce qui va se passer maintenant. A ma grande honte, je dois avouer que je n’ai pas du tout été convaincu. Au contraire !

Cette allocution a plutôt eu l’effet de bien m’énerver : absence de démarche démocratique, maintien de la stratégie de la peur, persistance dans l’infantilisation des françaises et des français, poursuite et même accentuation des mesures autoritaires…

Il est vrai cependant que j’étais déjà passablement énervé avant même le début de l’intervention d’Emmanuel Macron sachant comment ces décisions avaient été prises. Elles ont en effet été arrêtées par un petit comité, le Conseil de défense dont on ne sait pas qui y avait participé. Il est tout à fait possible / probable que des ministres aient appris les mesures les concernant en regardant à la télévision le chef de l’Etat. Les réunions de ce Conseil de défense sont classées secret-défense ; quel bel exemple de démocratie et de transparence dans la gestion de cette crise qui nous intéresse toutes et tous au plus haut point.

.

J’espérais, sans aucunement y croire d’ailleurs, une inflexion de la stratégie mise en place pour faire face à cette épidémie. Que nenni !

Dans le cadre d’une démarche démocratique volontaire, plusieurs membres de l’opposition parlementaire, tant de gauche que de droite, ont émis diverses propositions : intervention dans les discussions entre patronat et syndicat sur le télétravail qui, aujourd’hui, ne débouchent sur rien et laissent nombre d’employeurs et d’employés ‘bricoler’ dans un flou total ; échelonnement des horaires de travail et de cours permettant ainsi un meilleur étalement des transports en commun ; investissement en personnel, en matériels et en moyens dans les hôpitaux pour aider les urgences à ne pas être submergées – comme ils le sont d’ailleurs très régulièrement depuis des années – et plus profondément sur le long terme, engager une totale réforme de notre hôpital et plus globalement, de notre système de santé et de soins ; recrutement de personnel dans l’Education Nationale pour permettre un fort allègement des effectifs des classes ; amélioration du fonctionnement des ARS dont l’action, depuis le début de la pandémie, est très fortement critiquée tant par le milieu hospitalier et médical que par les autorités préfectorales et les élus… Aucune n’a été prise en considération !

Un point de forte contestation des français a certes été entendu. Les promenades et les activités physiques en extérieur ne seront plus autorisées pour 1 heure dans un rayon de 1 km mais pour 3 heures dans un rayon de 20 km. Il faut dire que les françaises et les français ne respectaient plus cette contrainte ; y compris Gérald Darmanin si j’en crois ce que j’ai lu. Et comme on ne peut pas surveiller et contrôler tout le monde…

.

Mais cela n’a pas été plus loin ! Les conséquences humaines, sanitaires, psychologiques voire psychiatriques, sociales, sociétales, qui auraient conduit à revoir assez complètement le confinement tel qu’il est réalisé, sont certes évoquées – pour certaines d’entre elles – par Emmanuel Macron. Mais elles vont perdurer et on va mettre en place « une stratégie pour prendre en compte les conséquences de la pandémie et des confinements ». Aucun soulagement donc des souffrances et des troubles de ces personnes mais rendez-vous est pris aux calendes grecques !

Pas un mot par contre pour le port du masque obligatoire pour les enfants à partir de 6 ans. Tous les professionnels de l’enfance, psychologues et pédopsychiatres en tête, s’alarment des nuisances de cette mesure pour les besoins d’expression des enfants sur les plans affectif, langagier, émotionnel, corporel. Les médecins alertent par ailleurs sur les problèmes pneumologiques et respiratoires que le port du masque plusieurs heures par jour peut occasionner.

Et que dire du port du masque pour les femmes alors qu’elles sont en train d’accoucher et lors de leur premier rapport visuel, sensitif, charnel avec leur bébé tout juste né ?

.

Le développement d’une stratégie de la peur a imprégné tout le discours d’Emmanuel Macron. Schématiquement, ce que le Président de la République nous explique, c’est que, si ça va mieux, c’est grâce à nous tous certes mais surtout grâce à lui qui a pris les bonnes dispositions. Et si ça ne marche pas, c’est de notre faute, on n’a pas fait tout ce qu’il nous avait été dit de faire.

Emmanuel Macron insiste donc fortement sur la nécessité de poursuivre les efforts dans la voie qu’il a indiquée. Il nous prévient ainsi, à plusieurs reprises, qu’il faudra « tout faire pour éviter une troisième vague, tout faire pour éviter un troisième confinement ». Et il décline toutes les restrictions que nous devons nous imposer pour limiter la propagation du virus et protéger les personnes les plus vulnérables.

.

Nous ne sommes pas des enfants ! Nous sommes des adultes responsables et autonomes ! Nul besoin de nous dire ce que nous devons faire et les précautions à prendre dans toutes les sphères de notre vie, professionnelle, sociale, privée et même familiale pendant cette période dont tous, nous mesurons bien les enjeux collectifs ! Et surtout, pas besoin de nous menacer et de chercher à nous effrayer sans cesse.

Cette infantilisation des françaises et des français est aussi visible dans le maintien des ‘ausweis’, pardon des attestations de déplacements. ‘Et vous obéissez bien ! Sinon, attention, pan-pan cucul !’ Car, même si cela n’a pas été dit, les amendes de 135 € continueront à pleuvoir. Les témoignages abondent sur les réseaux sociaux sur les amendes mises à des personnes se trouvant à plus d’un kilomètre de leur domicile, ayant oublié de prendre leur attestation ou l’ayant remplie au crayon à papier… En fait, pour tout un ensemble de motifs suscitant l’incompréhension… et la colère.

Combien de kilomètres-carrés de forêts cette aberration des attestations va-t-elle d’ailleurs coûter ?

.

On note aussi la poursuite des mesures autoritaires. Je viens de parler de l’obligation d’avoir son attestation de sortie et tous les justificatifs nécessaires dûment signés par l’établissement scolaire ou l’entreprise ou les parents ou le Pape ou le Grand Mufti ou qui sais-je encore.

Mais cette dimension autoritaire prend une ampleur supplémentaire quand Emmanuel Macron veut prévoir « les conditions pour s’assurer de l’isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante ». Et il insiste quand il dit : « si nous voulons éviter un troisième confinement (à nouveau, la stratégie de la peur), nous devons être plus contraignants à l’égard de celles et ceux qui ont le virus ».

Là, nous restons certes dans la stratégie de la peur mais nous entrons aussi dans le mensonge ! Les personnes dont parlent Emmanuel Macron sont les personnes testées positivement sur la base de tests PCR. Ces tets indiquent que la personne a dans ses fosses nasales de l’ARN de SARS CoV 2 et aucunement que la personne ait la maladie Covid 19 – ni même qu’elle ait le moindre risque de la développer si ce ne sont que des fragments de l’ARN viral qui ont été décelés. Le Président de la République va plus loin lorsqu’il vise aussi les cas contacts qui sont des « personnes [qui ont été] exposées à quelqu’un qui a la COVID 19 », de personnes qui, en réalité, ont seulement été testés positifs et donc, dont on n’est aucunement sûr qu’ils soient malades ou qu’ils le seront prochainement.

.

Cet autoritarisme s’exprime aussi sur la fin de l’intervention d’Emmanuel Macron. Il nous invite ainsi à nous préparer « à affronter les crises qui viennent » (stratégie de la peur) et pour cela, il insiste beaucoup sur la nécessité de « s’en remettre au savoir et à la science, ne jamais céder au complotisme, à l’obscurantisme, au relativisme ».

De quel savoir et quelle science parle-t-il ? Qui décide ce qui est vrai et faux ? Qui fixe en fait la doxa à laquelle nous devons souscrire sans sourciller… et sans réfléchir ? Doxa qui, selon Emmanuel Macron, ne devra en aucune façon et à aucun moment, être remise en question ; ceux qui le feront ne seront que des complotistes, des obscurantistes, des relativistes. Quel ‘beau’ moyen de déconsidérer avant même qu’elle ne s’exprime, toute personne voulant exposer un avis contraire, le mettre en débat.

Ce qui caractérise un véritable scientifique (mais aussi toute personne ouverte et honnête), c’est le doute qui incite à remettre en cause perpétuellement ce que l’on croit ! C’est accepter la contradiction pour faire jaillir une vérité plus grande et plus juste. On est loin des perroquets qui écument les plateaux télé et les stations de radios pour assener avec force la propagande gouvernementale, la doxa à laquelle nous devons adhérer. Et pourtant, nous risquons d’en voir encore beaucoup.

.

Oui ! J’étais énervé lorsque Emmanuel Macron a fini de parler.

Et quand je réfléchis à ce qu’il a dit, je le suis encore plus !

.

.

.

.

PS : Emmanuel Macron a aussi annoncé un certain nombre de mesures de soutien à l’économie. Dans quelques jours, je posterai un article sur ce sujet.

Eteignez votre télé et allumez votre cerveau !!! Car : télé du gouvernement… ; télé gouverrrnnement… ; télé gouvern’. . . ment !!!

Ça y est, nous sommes confinés ! Emmanuel Macron nous l’a dit après nous avoir expliqué pourquoi avec une grande pédagogie. [ Je vais vous épargner la blague comme quoi, si vous n’êtes pas d’accord avec le confinement, c’est qu’en fait vous n’avez pas compris ce qu’il a dit et qu’il faut donc que vous réécoutiez encore et encore son discours. ]

Cette annonce n’a pas été une surprise. Cela fait un moment que nous en étions prévenus par toutes les télévisions, toutes les radios et tous les journaux du Gouvernement. Pardon ! Il n’y a pas de médias d’état en France ; il n’y a que des médias mainstream qui relaient sans filtre et sans aucun esprit critique la propagande gouvernementale. Pardon à nouveau ! Pas la propagande gouvernementale mais les informations obtenues de sources sûres. Bref !

Mais…

Combien de ces médias se sont inquiétés du fait que le principal argument pour justifier ce nouveau confinement, le nombre quotidien élevé de nouveaux cas, soit peu fiable ? J’y reviendrais plus loin.

Combien de ces télévisions et de ces radios se sont interrogées pour savoir pourquoi, alors qu’elles annoncent à cor et à cri depuis des mois la ‘seconde vague’, les hôpitaux n’aient à nouveau pas les moyens de faire face à une augmentation lente des hospitalisations lié à un regain saisonnier de cette maladie ?

Pourquoi n’ont-ils pas interpelé le gouvernement – qui a toujours assuré que tout serait prêt quand cette ‘seconde vague’ arriverait – quand des fermetures de lits ont été annoncées ces derniers mois dans une quinzaine d’hôpitaux malgré la pandémie en cours et alors que des services hospitaliers se sont mis en grève pour tenter de les empêcher ?

Pourquoi n’ont-ils pas été alertés par les cris d’alarme de professeurs et de chefs de service sur l’absence de l’augmentation pourtant promise par le gouvernement des capacités de lits de réanimation ?

Pourquoi n’ont-ils pas réagi quand, après avoir donné des fonds supplémentaires aux hôpitaux lors du Ségur de la santé, le gouvernement en a repris une part notable lors du vote du budget de la Sécurité sociale au titre du respect de l’ONDAM dont on sait depuis des années – et encore plus depuis cette crise sanitaire – qu’il est à l’origine des graves manques de personnels et de moyens dont souffrent tous les hôpitaux ?

Et combien, dans une analyse sur ces 10/15 dernières années, se sont questionnés sur le nombre d’hôpitaux qui ont été fermés (pas loin d’une centaine si j’en crois un article que j’ai lu lors du premier confinement) et le nombre de lits qui ont été supprimés (des dizaines de milliers) ? Et sur les conséquences que cela a aujourd’hui ?

Je ne me souviens pas non plus avoir vu relayées dans ces médias mainstream les condamnations de l’OMC sur les confinements à venir ? Notamment en raison des dégâts collatéraux que cela a occasionné sur les populations les plus pauvres, tant dans les pays les moins avancés que dans nos sociétés dites développées.

Cela aurait pourtant été l’occasion que ces médias se penchent sur les conséquences dramatiques du premier confinement ! Sur les conséquences des retards de dépistage et de soins de cancers, de maladies cardio-vasculaires et plus généralement de toutes les pathologies mortelles. Sur les dégâts psychologiques et même psychiatriques que cela a induit. Mais aussi sur l’augmentation de la pauvreté qu’il a occasionnée et sur tous les effets sanitaires, psychologiques, sociaux, sociétaux qui en ont résulté.

Sans aller sur ces aspects pathologiques, il aurait pu y avoir des interrogations sur l’absence de bien-être des françaises et des français lors du (des) confinement(s) ; et d’autres sur les restrictions portant sur des moyens de consolider nos défenses immunitaires nous permettant de lutter efficacement contre le coronavirus et contre le stress : fermer les salles de sport ; interdire les plages, les forêts, les sentiers de montagnes, les pistes cyclables, les berges des canaux à ceux qui en sont à plus d’un kilomètre. A l’inverse, à l’étranger, en Allemagne ou en Suisse, on pousse les gens à sortir ! On les encourage à faire du sport et à aller à la campagne, au contact de la nature, en plein air, sans limitation de distance. Mais les autorités ont choisi de responsabiliser leurs concitoyens et non pas de leur imposer des mesures coercitives. N’est-ce pas un sujet de réflexion ?

Mais plus que tout, ces médias auraient alors pu s’interroger sur les possibles stratégies sanitaires et sociales autres que celles menées jusqu’à maintenant en France pour lutter contre cette épidémie ; peut-être, tout simplement, en regardant ce qui a été fait ailleurs et qui a bien fonctionné. En un mot, réfléchir de façon autonome et indépendante (en fait, cela fait 6 mots ; tant pis). C’est pourtant le rôle d’un 4ème pouvoir digne de ce nom !

Non ! Les télés, radios, journaux mainstream se sont contentés de transmettre les informations ‘obtenues de leurs sources sûres’. Et de s’inscrire ainsi dans la stratégie de la peur développée par les autorités depuis le tout début de cette épidémie.

.

Il faut que nous voyions les choses en face. Ce reconfinement n’est pas dû à une augmentation exponentielle de l’épidémie de Covid 19 comme veut nous le faire croire le gouvernement qui compte sur notre peur de la maladie pour obéir sans broncher à ses diktats. Et sur les forces de l’ordre qui sont détournées de leurs missions d’assurer la sécurité et la paix publiques et de lutter contre la criminalité pour aller vers des opérations de surveillance et de contrôle de la population, voire de répression au travers des amendes.

Ce reconfinement est dû au manque de personnel, de moyens et de lits dans les hôpitaux ainsi que d’une stratégie de dépistage défaillante.

C’est en effet une crise de capacité de nos hôpitaux qui manquent de lits. Non seulement dans les services de réanimation comme l’a dit, sans doute de façon trop limitative, Emmanuel Macron, mais aussi dans les services d’urgence (y compris pour accueillir les malades atteints d’autres pathologies) et dans les services d’hospitalisation conventionnelle. Et faut-il rappeler ici que les services d’urgence crient misère depuis des années et des années et qu’ils sont régulièrement débordés, notamment lors des épidémies saisonnières de grippe avec des files de patients installés sur des brancards tout au long des couloirs.

Nous avons en France une stratégie de diagnostic de masse bien plus qu’une réelle stratégie préventive de dépistage mise en place à destination des populations les plus fragiles qui sont maintenant bien identifiées – les personnes âgées ainsi que les personnes souffrant d’hypertension, d’obésité, de maladies cardio-vasculaires, de problèmes respiratoires, avec des forts taux d’exposition aux diverses pollutions. Et par là-même, de protéger ces personnes qui sont celles qui risquent de développer des formes graves de la Covid 19 et de mourir. Il faudrait pour cela s’appuyer sur les médecins de ville et les gériatres des EHPAD qui ont été mis sur la touche pour concentrer tout sur les hôpitaux.

En outre, nous avons des tests PCR qui ne sont pas fiables. Pour reprendre l’explication scientifique, ces tests sont fiables jusqu’à 25 cycles d’amplification ; vous ne m’en voudrez pas de ne pas vous expliquer ce qu’est un cycle d’amplification car, honnêtement, je ne le pourrais pas. Si le test est positif, cela veut dire que l’on est porteur du virus SARS CoV 2. Mais en France – et dans d’autres pays européens – on est à 45 cycles ; la présence d’un fragment totalement inoffensif du virus fait ressortir le test comme positif. On ne sait pas quelle est la proportion de ces ‘faux positifs’ ; selon certains, cela pourrait être de l’ordre de 60/70%, voire plus ; et même beaucoup plus.

Et c’est là qu’une grande manipulation a été mise en place ! Les médias mainstream, depuis des jours et des semaines, mettent en avant ce chiffre pour nous convaincre d’une progression très rapide de la maladie appelée Covid 19, pour instiller en nous la peur de cette maladie. Nous avons tous en tête les annonces de ce type : « Santé publique France fait état ce vendredi 30 octobre de 49 215 nouveaux cas ces dernières 24 heures. » Mais il ne s’agit pas de personnes malades ! Il s’agit de personnes dont on a déterminé, avec la fiabilité que je viens de rappeler, qu’elles sont porteuses du virus.

Le but est de faire peur. Le but est de faire en sorte que les gens soient prêts à sacrifier leur liberté pour, soi-disant, leur santé et leur sécurité. C’est ce chiffre qu’Emmanuel Macron a notamment mis en avant pour nous faire accepter ce nouveau confinement.

[ Une parenthèse pour rappeler que cet arbitrage entre liberté et sécurité a déjà été utilisé quand le 1er gouvernement Macron a transféré dans la loi commune, au nom de la lutte contre le terrorisme, la majeure partie des dispositions de l’Etat d’urgence. Ce dispositif d’exception, très liberticide dans certains de ses aspects (par exemple, les assignations à résidence peuvent être décrétées par une personne, le Préfet, en dehors de tout jugement ; ce dernier peut aussi décider de sa seule autorité des perquisitions dites administratives dans des lieux privés et à n’importe quelle heure) est ainsi devenu permanent. Puis-je rappeler que dans tous les régimes autoritaires, la sécurité (ou tout du moins l’interprétation qu’en donnent les dirigeants) prime toujours sur la liberté des citoyens ? ]

Ce chiffre de porteurs du SARS CoV 2 n’est donc pas pertinent pour juger de l’ampleur de l’épidémie actuelle. Car le véritable indicateur d’une épidémie, c’est le nombre de décès ; il ne faut pas cesser de le rappeler. On évalue à près de 37 000 le nombre de morts depuis son arrivée en France. On commence d’ailleurs à s’interroger si le virus n’a pas commencé à circuler non pas en décembre, mais dès l’automne 2019 et peut-même, pendant l’été.

Quand on entre un peu plus dans les détails, on constate que l’âge médian des personnes décédées est de 84 ans et que 90% avaient plus de 65 ans. Ou encore que la moitié des personnes de plus de 80 ans décédées avaient, du fait de leur état général, une espérance de vie extrêmement courte (1 an voire 2). On relève aussi que les décès sans comorbidité connue sont extrêmement rares.

La manipulation des données me semble là aussi avérée. Dans mes navigations sur les réseaux sociaux, j’ai vu le témoignage d’une femme s’indignant que le décès de son père âgé de 90 ans soit attribué à la Covid 19 alors qu’il était en phase terminale d’un cancer généralisé. Ou les interrogations d’un médecin hospitalier devant l’instruction de son ARS d’attribuer les décès au SARS CoV 2 dès lors que le test était positif et quelle que soit la maladie en cours de traitement.

On ne peut aussi que s’étonner de voir que le virus de la grippe tue plus que celui de la Covid 19. On n’a pas jugé bon toutes ces dernières années, y compris les années où l’épidémie de grippe a été particulièrement meurtrière, d’instaurer des couvre-feux, de confiner toute la population ou de l’obliger à porter des masques. Nos médias mainstream, qui sont particulièrement offensifs sur le respect de cette mesure, ne se posent pas la question ; pourquoi ?

Ah les masques. Quelles belles muselières ! Quelle atteinte aussi à notre liberté de vivre tout simplement ! Je ne dénie pas son utilité dans les lieux couverts ou pour les personnes fragiles. Mais pour toute la population, même dehors et à partir de 6 ans ?

Le nouveau protocole sanitaire pour l’Education nationale prévoit en effet que le port du masque est obligatoire dès le cours préparatoire et donc pour tous les élèves à partir de 6 ans. Vous avez bien lu : port obligatoire du masque dès l’âge de 6 ans ! Dans quel monde sommes-nous pour imposer cette contrainte physique, émotionnelle, psychologique, sociale, potentiellement dangereuse pour leur santé, à tous nos enfants et tous nos petits-enfants dès leur plus jeune âge ? Ceci d’autant plus que, même si le débat entre scientifiques n’est pas totalement clos, leur contagiosité est faible. Une certitude toutefois ; les enfants contaminés ne souffrent que de formes bénignes de la maladie.

Et toujours cette stratégie de la peur. Portez le masque parce que, sinon… le ciel va vous tomber sur la tête ! Jusqu’où ira cette volonté délibérée de faire peur et d’imposer par ce biais ses diktats ? Et quoi encore ? Au prochain épisode de gastro-entérite, nous faudra-t-il porter des couches sur nos pantalons ?

J’y vois aussi une belle manipulation. Il faut nous obliger – à défaut de nous convaincre – à porter un masque quels qu’en soient les inconvénients tant sanitaires (et ils sont nombreux ; voir les nombreuses alertes des pneumologues) et psychologiques que relationnels et sociaux pour que, quand le vaccin arrivera, nous soyons prêts et même heureux de nous faire vacciner !

Soyons conscient aussi que l’optique de Big Pharma est de vacciner toute la population comme cela est complaisamment relayé par le gouvernement et les médias mainstream. Non pas seulement la population à risque que l’on connait bien maintenant mais toute la population ! Alors que, par exemple pour la grippe qui, je le rappelle, tue plus que la Covid 19, la vaccination n’est que conseillée et uniquement pour les personnes les plus vulnérables.

Et la vaccination sera-t-elle obligatoire ou ‘vivement conseillée’ ? Pour tous ou seulement pour certaines professions ? Ce vaccin sera-t-il ajouté au cocktail de 11 vaccins obligatoires pour les enfants avant toute entrée en collectivité, à savoir dès leurs tous premiers mois s’ils vont dans une crèche ou chez une assistante maternelle ?

Et quelles seront l’efficacité et la fiabilité de ces vaccins développés dans l’urgence, sans le respect de certaines procédures comme c’est normalement le cas ? Il va sans dire que les bénéfices de ces vaccins iront dans les poches des grandes sociétés pharmaceutiques engagés dans une compétition uniquement financière – j’ai des doutes quant à leur altruisme. Mais il faut aussi savoir que les risques liés aux effets secondaires, des plus bénins au plus graves, en seront supportés par les Etats ; par vous et par moi. Cherchez l’erreur !

.

Oui ! Nous entrons dans une (nouvelle) période difficile. Lors du premier confinement, nous avions tous l’espoir – certes quelque peu teinté de scepticisme – que le jour d’après ne serait pas comme le jour d’avant. Il me semble aujourd’hui plus difficile d’y croire.

C’est un défi. Et maintenant encore plus qu’avant, il faut que nous éteignions la télé et que nous allumions notre cerveau.

Il faut maintenant encore plus qu’avant que nous pensions et réfléchissions par nous-même, que nous exercions notre esprit critique.

Il faut maintenant encore plus qu’avant que nous ne laissions pas le gouvernement et ses organes de propagande penser pour nous et nous laver le cerveau afin que nous fassions ce qu’il dit sans réfléchir et sans regimber.

Il y va de notre dignité d’être humain ! Il y va de notre liberté !

Qu’est-ce qu’une amende dissuasive ? Quelques jongleries autour des sommes de 135 € et 1500 €

« Il y aura des contrôles. […] Il y aura des amendes […] de 135 euros qui est celle qui prévaut aujourd’hui pour les masques ou pour les restrictions qui sont déjà observées. […]. En cas de récidive, ce sera 1500 euros. […] Cela doit être dissuasif ! »

.

Voilà ! L’amende sera de 135 € ; certains au Gouvernement pensent d’ailleurs qu’elle n’est pas assez élevée et qu’il faudra « la renforcer ». Et en cas de récidive, cela sera 1500 €.

1500 € car il faut que cela soit ‘dis-su-a-sif’ comme l’a martelé Emmanuel Macron. Mais qu’est-ce une amende dissuasive ?

.

Je suis prêt à parier que, comme certains d’entre eux ont eu des amendes pour non-respect du confinement, des SDF vont être condamnés à payer 135 € pour non-respect du couvre-feu. Je crains en effet que certains membres des forces de l’ordre, salissant plus qu’honorant leur uniforme et leur fonction, vont abuser de leur pouvoir pour mettre des amendes à ces personnes déjà dans la plus grande misère. Mais, de toute façon, au point où ils en sont, 135 € ou 1500 €, ils s’en moquent !

Le montant forfaitaire du RSA est de 564 € ; ce n’est pas énorme ! Montant d’ailleurs que le gouvernement vient de refuser d’augmenter. A noter également que cela correspond à peu de choses près au revenu moyen des auto-entrepreneurs. Mais, bref ! Une amende de 1500 €, c’est donc presque trois mois de revenus. On ne peut pas nier que c’est très dissuasif ! Mais on peut s’attendre à ce qu’ils ne la payent pas ; ce qui est on ne peut plus normal.

Le Gouvernement a annoncé le versement d’une aide exceptionnelle de solidarité de 150 € à tous les bénéficiaires du RSA. Attention donc à l’établissement des ausweis attestations quand ces personnes devront sortir « dans un cas de bon sens » pour reprendre les mots d’Emmanuel Macron ! Car une attestation mal remplie, c’est quasiment toute cette prime qui y passe.

L’amende sera aussi dissuasive pour une personne payée au SMIC (1219 €) : un mois de salaire ! Ces salariés dont un certain nombre travaille de nuit ou en horaires décalés, devront aussi prêter la plus grande attention à la façon dont ils remplissent leur attestation. On a vu lors du confinement toutes les interprétations que certains policiers et gendarmes étaient capables de faire pour pouvoir coller une amende.

Le dernier salaire médian net en France connu est celui de 2016 (pour rappel, 50% des salariés gagnent plus et 50% des salariés gagnent moins) : il s’établissait alors à 1789 €. 1500 € soit quasiment un mois de salaire constitue, c’est indéniable, un montant dissuasif pour la moitié de nos concitoyens !

Peut-on dire qu’une amende correspondant à la moitié d’un mois de revenus (tous les revenus) soit dissuasive ? Je pense que oui ; c’est même absolument énorme. Cela correspond à 3000 € de revenus par mois !

Eh bien, seuls 17% des salariés touchent plus de 3000 € par mois. Dit autrement, pour 83 % des salariés – qui n’ont pas ou très peu de revenus du capital ou de revenus immobiliers, une amende de 1500 € représente plus d’un demi-mois de salaire !!!

Et je ne parle pas de l’agriculture où le revenu courant avant impôts (RCAI) par actif non salarié des exploitations tournait en 2018 autour de 2500 euros par mois (avant cotisations sociales – sachant que 15 à 20% selon les années des agriculteurs ont des revenus nuls ou déficitaires). Amies agricultrices et amis agriculteurs, évitez d’aller au restaurant ou chez des amis en ville ! Ou alors, mettez quelques cageots dans le coffre et dites que vous êtes allés livrer des produits de votre exploitation.

Dans le commerce et l’artisanat qui sont très très très touchés par la crise actuelle, les revenus sont très contrastés et il est peu pertinent de vouloir donner un montant moyen. Certaines professions gagnent très bien leur vie mais d’autres, beaucoup d’autres, tirent le diable par la queue !

.

Mais allons maintenant de l’autre côté. Du côté des 1%.

D’après une étude de l’INSEE datant de 2018 mais qui porte toutefois sur les revenus et le patrimoine des ménages en 2015, au‑dessus de 106 210 euros de revenu initial par unité de consommation (UC), une personne se situe parmi les 1 % de la population ayant les revenus les plus élevés.

Cela correspond à un revenu mensuel de 8 850 euros pour une personne seule et de 18 590 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. Payer 1500 € ? Cela correspond à 17% du revenu mensuel ; c’est, je pense, supportable.

Pour bien appréhender la répartition des revenus en France, il faut aussi voir que 9 % des personnes ont des revenus initiaux par unité de consommation compris entre 45 220 € et 106 210 €. Et que 90 % ont un revenu initial par UC inférieur à 45 220 euros. Ce qui correspond à un revenu perçu avant toute imposition directe (impôts sur le revenu, taxe d’habitation, CSG et CRDS) et perception des prestations sociales mais nets de cotisations sociales de 3768 € ; en gros, 3 fois le SMIC.

Mais affinons.

Les 0,01 % de personnes ayant les revenus les plus élevés perçoivent plus de 699 230 euros par an. Et les revenus des 0.09% suivants sont compris entre 259 920 € et 699 230 €.

Pour les premières, 1500 € ne se compare même pas à un jour de revenu : 0.8 jour pour les plus ‘pauvres’ d’entre elles pour être précis. Pour les secondes, cela se situe entre 0.8 et 2 jours de revenu. C’est cela qu’Emmanuel Macron juge dissuasif ?

Et ces inégalités se sont aggravées depuis 2015. Le second rapport (datant tout juste d’il y a quelques jours) du Comité d’évaluation mis en place à l’occasion de la suppression de l’ISF et de l’instauration d’une ‘flat tax’ sur les revenus du capital qui s’est substituée à la taxation selon le barème progressif de l’impôt sur les revenus, vient de sortir. Il dépeint avec précision le profil des bénéficiaires de ces réformes : ce sont les plus riches, les 1%, et même plutôt les 0.1% ! Car selon les dernières statistiques, les 0.1% les plus riches d’aujourd’hui sont un quart de fois plus riches que les 0.1% de 2017.

Ce que l’on sait aussi, c’est que la suppression partielle de l’ISF a permis aux personnes concernées de voir leur imposition baisser, en moyenne, de 10 000 euros. En moyenne ! Presque 7 fois une amende à 1500 € ! Avec un gain de 1,2 million pour les 100 plus gros contribuables ; il vaut mieux ne pas calculer !

Je dois préciser aussi, même si c’est un autre sujet, que ce rapport montre que les promesses faites par Emmanuel Macron – à savoir que l’investissement productif serait boosté et que la fortune des plus riches ‘ruissèlerait’ dans toute l’économie – ne sont pas là. Et je ne crains pas de m’avancer en affirmant qu’elles ne seront jamais réalisées.

.

Que dire pour conclure ? D’une part, une amende représentant ½ mois de salaire comme c’est le cas pour 83% des françaises et des français ; et qui même, pour un grand nombre, correspond à un mois, voire 3 mois de salaires. De l’autre, un montant qui se compare à moins de 2 jours de revenus.

Pour une très très grande majorité des françaises et des français, une amende de 1500 € en cas de récidive a un caractère très dissuasif.

Mais ce caractère dissuasif ne concerne pas du tout ceux qui, depuis plus de 3 ans maintenant, bénéficient des cadeaux du Président de la République. Cela ne concerne pas du tout les amis d’Emmanuel Macron, les hyper-riches, les super-riches et les très riches. Cela ne concerne pas du tout les 1%.

.

En fait, tout cela est désespérément triste !

Mais surtout, dans les différents sens que peut prendre ce verbe, ne nous laissons pas abattre 😊

Ça y est ! On est (presque) reconfiné !

Emmanuel Macron en a décidé ainsi. Dans toute l’Ile-de-France et dans 8 grandes métropoles, il est interdit de circuler de 9 h du soir à 6 h du matin. Et on revient une fois encore dans la rhétorique guerrière : on a un couvre-feu. Là, on ne nous demande pas d’occulter toutes les lumières pouvant aider l’aviation ennemie, celle de la sournoise et perfide Cofidie-19, à nous bombarder ; mais on n’en est pas loin.

En fait, tous les organes de propagande officielle nous en avaient informé. Il y a plusieurs jours que le couvre-feu est annoncé et que les polémiques stériles fleurissent ! Il commencera à 20 h ; non à 22 h ; non, à 21 h. Et il se terminera à 6 h ; non, à 5 h. Aucune analyse de fond de nos médias mainstream quant à la pertinence et à l’efficacité de cette mesure ; juste des chicaneries et des ergoteries, le fond de la mesure ayant été validé sans aucune réflexion.

.

Donc après la distanciation sociale, l’isolation sociale, la non-vie sociale. N’allez plus au restaurant, dans un bar, au cinéma, au théâtre, à la salle de sport, en boite de nuit, à un concert ou à n’importe quel spectacle, dans un musée ou un quelconque lieu culturel… N’allez plus chez des amis ou voir votre famille. Surtout, continuez à aller travailler, à aller à l’école ou à l’université, à prendre les transports en commun. Mais n’ayez aucune vie sociale !

En fait, quand on regarde la répartition des clusters par type de collectivités établie par Santé Publique France, 25% se trouvent sur le lieu de travail (‘entreprises privées et publiques’) et 21% dans le milieu scolaire et universitaire. Mais ces clusters-là ne seront pas affectés par les dispositions prises. Par contre, les ‘évènements publics ou privés : rassemblements temporaires de personnes’ selon la terminologie officielle qui constituent 10.3% de l’ensemble des clusters (à la 4ème place), il faut s’y attaquer.

En fait, l’excuse (oserais-je dire la tentative de parade ou même de camouflage) face à cette simple constatation est de dire, comme cela circule dans les sphères gouvernementales, que la plupart des personnes qui entrent à l’hôpital ces derniers temps pour cause de contamination au Covid-19 affirment avoir participé à une soirée quelques jours plus tôt. Ils ne sont pas allés travailler, ils ne sont pas allés à l’université. Non ! ils ont participé à une soirée avec des amis ou de la famille quelques jours avant ! C’est tout : et c’est là qu’ils ont contracté la maladie.

Et pour bien affirmer cela, des voix dites expertes (i.e. des ‘prostitué(e)s de la Macronie), parlent maintenant d’ ‘angles morts dans les politiques de repérage’. Ce qui, en fait, n’a d’autre but que de cibler la sphère privée.

[ Une parenthèse pour préciser que le troisième secteur dans lequel les clusters sont déclarés depuis le déconfinement de mai dernier est celui des établissements de santé (11.3%). Vraiment triste car je ne peux m’empêcher de penser que ce sont les personnels soignants, les ‘premiers de cordées’, qui sont ici touchés. Eux qui ne cessent de clamer semaine après semaine, mois après mois, leur épuisement moral et physique. Sans aucun écho du gouvernement ! ]

Enfin, j’exagère. On peut continuer à avoir une vie sociale. Mais pas à plus de 6 personnes, que ce soit chez soi ou dans la rue.

Une question : si un cor-beau ou une cor-belle (féminin de corbeau comme nous le savons tous) appelle (anonymement bien sûr) la Police pour ‘signaler de façon très citoyenne’ un rassemblement de plus de 6 personnes chez son voisin ou de l’autre côté de la rue, que se passera-t-il ? Les forces de l’ordre pourront-elles faire irruption dans un domicile privé ? Pourront-elles condamner à une amende de 135 € chaque participant ? Voire à une contravention d’un ‘montant dissuasif en cas de récidive’ si j’ai bien compris Emmanuel Macron ? Dissuasif d’ailleurs pour les classes moyennes ou laborieuses mais pas pour les hyper-riches, super-riches et autres très-riches que choient sans cesse notre Président de la République.

Et la question va se poser quand les gens voudront manifester. Je vois d’ici les interdictions au nom de la pandémie ; et les violences et les amendes qui vont pleuvoir sur les personnes souhaitant exercer malgré tout ce droit dans notre pays qui est encore celui des libertés.

.

Comment en est-on arrivé là ? C’est en fait la conséquence d’un double échec.

J’exonère partiellement (j’ai bien dit partiellement) Emmanuel Macron du premier échec : le manque de moyens humains et matériels, le manque de places dans les hôpitaux. Nicolas Sarkozy a décidé que l’hôpital devait être géré comme une entreprise dont le but ultime est la rentabilité. François Hollande a poursuivi cette politique tout comme Emmanuel Macron. Et ceci, malgré son crédo que « la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. » (Oh combien je suis d’accord avec cette affirmation).

Mais là où je n’exonère pas Emmanuel Macron, c’est qu’il a poursuivi cette politique mortifère (sans jeu de mots). Mais encore plus, c’est que ce qu’il donne d’une main (5.2 milliards de dépenses supplémentaires programmées par le Ségur de la santé signé en juillet avec les syndicats), il le reprend de l’autre. La loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2021 présentée début octobre prévoit près de 1 milliard d’euros d’économies dans les établissements de santé. Combien de lits, combien de personnels, combien de revalorisations salariales, combien d’investissements promis sont ainsi supprimés au nom de l’ONDAM – l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie – créé sous Nicolas Sarkozy et que ni François Hollande, ni Emmanuel Macron n’ont depuis remis en cause ?

Et puis, cette seconde vague dont on nous parle depuis des mois, pourquoi le gouvernement ne l’a-t-il pas anticipé ? Pourquoi n’a-t-il pas dans l’urgence ouvert des lits ? Ceci étant dit en incluant toutes les composantes humaines et matérielles que cela suppose. Pourquoi ?

Le second échec est lié à la politique des tests. Un réel échec comme l’a reconnu Emmanuel Macron ! Faire un test et n’avoir le résultat qu’une semaine à 10 jours après est totalement inutile ; d’autres bien plus compétent que moi l’ont dit et redit depuis des semaines. Mais cela n’aurait pas permis au gouvernement de clamer que le nombre de tests étaient en augmentation exponentielle. C’était ça le message ; le nombre de tests réalisés est en hausse exponentielle. Et tant pis si les conditions dans lesquelles ils sont effectués font que leur utilité est plus que limitée.

.

Je tiens pour finir à mettre en exergue, dans la conclusion d’Emmanuel Macron où il insiste que nous devons être « lucides, collectifs, unis », cette phrase : « nous sommes une Nation de citoyens solidaires. Nous ne pouvons pas nous en sortir si chacun ne joue pas son rôle, ne met pas sa part. ».

J’ai immédiatement pensé qu’il faisait référence aux milliards et milliards d’euros donnés aux grands groupes sans aucune contrepartie en termes de maintien de l’emploi, de formations, d’investissements dans notre pays, de relocalisation d’activités, d’engagements environnementaux ou dans les transitions écologique et énergétique. J’ai aussi pensé qu’il parlait du ‘1 %’ qui bénéficie depuis le début de sa présidence de cadeaux après cadeaux : suppression de l’ISF ; instauration d’une ‘flat tax’ qui s’est substituée à la taxation selon le barème progressif de l’impôt sur les revenus ; réduction des prélèvements sur les stock-options ; suppression de la tranche de la taxe sur les salaires supérieurs à plus de 150 000 €/an appliquée dans les métiers de la finance ; refus en cette période de crise d’un alourdissement de la contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus (revenu fiscal de référence supérieur à 250 000 €), voire de l’introduction de nouvelles tranches supérieures de l’impôt sur le revenu ou d’un prélèvement exceptionnel sur les plus hauts patrimoines… Et j’ai compris qu’il allait mettre bon ordre à tout cela !

Mais là, je me suis réveillé. Et j’ai compris que je rêvais !

Les français vont devoir rembourser la dette liée à la crise économique, sociale et sanitaire actuelle en une vingtaine d’années. Et en commençant dès maintenant !

https://x7m7u8e3.stackpathcdn.com/wp-content/uploads/2017/07/dette.png?iv=73

Dans mon article du 19 juillet (cf. ci-dessous), je parlais du cantonnement de la dette Covid – c’est-à-dire de son isolement éventuel dans une structure ad hoc. Et je supposais, comme je pense beaucoup d’économistes et de financiers, que le remboursement de cette dette n’interviendrait que dans très longtemps et qu’en attendant, elle serait ‘sortie’ du ratio Dettes / PIB auquel les économistes orthodoxes (i.e. néolibéraux) tiennent tant. Même le Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, était sur cette position quand il expliquait aux membres de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale qu’ « un traitement séparé de la dette héritée de la crise par un cantonnement partiel (avait) pour seul mérite de repousser son amortissement ».

Mais, d’après les explications de Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances (et de la Relance, n’oublions surtout pas ce dernier item), l’organisme ad hoc créé pour cantonner cette dette, la Cadec (Caisse d’amortissement de la dette Covid), va fonctionner sur le modèle de la Cades (Caisse d’amortissement de la dette sociale).

Cette dernière assure le remboursement des dettes des administrations de Sécurité Sociale grâce aux ressources qui lui sont attribuées, la CRDS et une partie de la CSG notamment. Et ceci depuis 1996 et non plus jusqu’en 2009 puis 2024 mais maintenant jusqu’en 2033 ; cette nouvelle prolongation résulte du transfert en juin dernier de 136 milliards d’euros. Les syndicats s’étaient pourtant fortement opposés à cette opération. Ils estiment – à juste titre – que c’est à l’Etat de prendre en charge intégralement les dettes imputables directement ou indirectement à la lutte contre la Covid 19 et à la crise économique et sociale qui en découle. Pour reprendre les termes d’un d’entre eux : « la facture est ainsi mise quasi intégralement à la charge des salariés et des retraités ». Cela va aussi compliquer (oserais-je dire, diminuer) le financement d’autres politiques sociales, voire plus globalement le financement de la Sécurité Sociale dans son ensemble.

Il faut signaler que la Cour des comptes a critiqué ce transfert en des termes qui ne laissent aucun doute quant à ce qu’ils signifient : « Cette démarche ne s’accompagne d’aucune mesure d’économies […] et ne s’inscrit pas dans une démarche de maîtrise globale des finances publiques ». Toute la pensée néolibérale en quelques mots ! La traduction de ce beau spécimen de la novlangue néolibérale donne : de l’austérité, moins de financements pour les services publics, encore plus de déréglementations dans tous les domaines, toujours plus de privatisations et de délégations au secteur privé, etc. !!!

Cette nouvelle structure, la Cadec, aura pour mission de procéder au remboursement de cette dette de l’Etat due à la crise du coronavirus ; a priori, ce transfert s’élèverait à 150 milliards d’euros et son remboursement courrait jusqu’en 2042.

La droite parlementaire critique d’ores et déjà fortement ce projet du gouvernement Macron. Pour Eric Woerth, président LR de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale, celui-ci « a tout d’un artifice, pour éviter les sujets qui fâchent mais qui sont pourtant incontournables, à savoir les économies sur la dépense publique ».  Appel on ne peut plus clair à de l’austérité, à moins de financements pour les services publics, à encore plus de déréglementations dans tous les domaines, à toujours plus de privatisations et de délégations au secteur privé, etc. !!! Je ne peux que me répéter !

Je n’ai pas trouvé – mais j’ai peut-être insuffisamment ou mal cherché – d’avis de la gauche sur ce projet.

La Cadec devra rembourser cette dette avant l’échéance fixée, à savoir 2042. Elle ne pourra pas, comme l’Etat le fait très régulièrement, rembourser un emprunt à échéance en en contractant un nouveau et en ne payant que l’intérêt dû ; ce qu’on appelle ‘faire rouler la dette’. Elle ne pourra pas le faire, si ce n’est très marginalement. Elle devra, tout au long de cette période et quelles que soient les circonstances, rembourser capital et intérêts pour que tout soit apuré en 2042.

En fait, ce montage ne change en rien la situation d’endettement global. Il s’agit juste d’un affichage permettant de distinguer, telles que la doxa néolibérale ne va pas tarder à les appeler (je tiens le pari), la ‘bonne’ dette de la ‘mauvaise’ dette, celle due aux mesures liées à la pandémie que nous avons connue.

Mais il a aussi pour but de faire en sorte que les français payent en un peu plus de 20 ans, intégralement, une grande partie de la dette due à la crise que nous venons de traverser. Et cela notamment en vue de la diminution du ratio Dette / PIB qui devrait approcher les 120% en fin d’année, contre un peu plus de 100% au 1er trimestre 2020.

Emmanuel Macron, Jean Castex, Bruno Le Maire, toute la Macronie ne cessent de le clamer urbi et orbi : il n’y aura aucune augmentation des impôts. Ce qui signifie qu’il faudra trouver ailleurs les ressources fiscales pour rembourser de façon accélérée cette dette. Ce qui signifie qu’il faudra détourner certaines recettes et donc réduire certaines dépenses pour la rembourser.

Réduire certaines dépenses ? C’est-à-dire de l’austérité, moins de financements pour les services publics, encore plus de déréglementations dans tous les domaines, toujours plus de privatisations et de délégations au secteur privé, etc. !!! Et pas demain ou après-demain ; aujourd’hui !

Cela signifie aussi avoir moins de marges de manœuvre pour amortir les conséquences de la crise économique et sociale dans laquelle nous sommes entrés ; ceci tant auprès des populations les plus fragiles et les plus défavorisés qu’auprès des classes moyennes et qu’à destination des entreprises, petites, moyennes et grandes.

Cela signifie également moins de moyens pouvant être attribuées à l’indispensable et urgente transition énergétique / climatique.